L’Ouzbékistan révèle aujourd’hui ses trésors millénaires aux voyageurs en quête d’authenticité et d’histoire. Cette terre d’Asie centrale, véritable carrefour des civilisations, abrite certains des plus beaux exemples d’architecture islamique au monde. Samarcande, Boukhara et Khiva se dressent comme des joyaux préservés, témoins silencieux des fastes de la Route de la Soie. Chaque pierre raconte l’épopée des caravanes chargées d’épices, de soieries et de richesses venues d’Orient. L’artisanat traditionnel perpétue encore aujourd’hui les gestes ancestraux, tandis que les bazars colorés offrent une immersion totale dans la culture ouzbèke. Cette destination exceptionnelle promet une expérience de voyage unique, mêlant découvertes architecturales, rencontres humaines authentiques et traditions culinaires ancestrales.

Patrimoine historique des cités caravanières ouzbèkes

Les cités ouzbèkes constituent un véritable musée à ciel ouvert de l’architecture islamique médiévale. Chaque ville possède sa propre personnalité architecturale, forgée par des siècles d’échanges commerciaux et culturels. L’influence persane se mêle aux traditions locales pour créer un style unique, reconnaissable entre tous par ses coupoles turquoise et ses minarets élancés.

Architecture timuride de samarcande et la nécropole de Shah-i-Zinda

Samarcande incarne l’apogée de l’art timuride avec ses monuments grandioses du XIVe siècle. La place du Registan, cœur battant de l’ancienne capitale, réunit trois madrasas aux façades éblouissantes de céramiques bleues et dorées. L’ensemble architectural témoigne du génie créateur de l’époque de Tamerlan et de ses successeurs. Les proportions parfaites de ces édifices créent une harmonie visuelle saisissante qui a traversé les siècles.

La nécropole de Shah-i-Zinda constitue l’un des sites les plus spectaculaires d’Ouzbékistan. Cette « rue des tombeaux » rassemble plus de vingt mausolées construits entre le XIe et le XIXe siècle. Chaque édifice rivalise de beauté avec ses voisins, créant un ensemble décoratif d’une richesse inouïe. Les artisans ont utilisé toutes les techniques connues : céramique émaillée, mosaïque, stalactites sculptées et calligraphie arabe.

Complexe architectural d’itchan kala à khiva et ses madrasas

Khiva préserve intact son centre historique d’Itchan Kala, véritable cité-musée entourée de remparts de briques crues. Cette ville-forteresse offre un voyage dans le temps avec ses ruelles pavées et ses monuments parfaitement conservés. Les madrasas de Mohammed Amin Khan et d’Islam Khodja illustrent l’évolution de l’architecture religieuse du XIXe siècle. Leurs façades ornées de céramiques géométriques témoignent de la persistance des traditions décoratives.

Le minaret Kalta Minor, resté inachevé, symbolise l’ambition démesurée des souverains de Khiva. Sa base massive recouverte de carreaux turquoise en fait l’un des monuments les plus photographiés d’Ouzbékistan. La mosquée Juma se distingue par son architecture atypique avec ses 213 colonnes de bois sculpté, créant une forêt de piliers d’une

pénombre envoûtante. Cet espace sacré, soutenu par des troncs centenaires, rappelle l’esthétique des forêts anciennes : on y ressent la même impression de calme et de puissance silencieuse.

Mosquée Bibi-Khanym et l’observatoire d’ulugh beg à samarcande

Édifiée à la fin du XIVe siècle, la mosquée Bibi-Khanym fut longtemps l’une des plus grandes mosquées du monde islamique. Commandée par Tamerlan à son retour d’Inde, elle devait incarner la puissance de son empire et impressionner les caravanes arrivant à Samarcande. Son gigantesque portail d’entrée, ses coupoles élancées et sa cour intérieure monumentale donnent encore aujourd’hui une idée claire de cette ambition, malgré les séismes et les restaurations successives.

La légende raconte que Bibi-Khanym, épouse préférée de Tamerlan, aurait voulu lui offrir cet édifice en cadeau, mais qu’un architecte épris de la reine aurait exigé un baiser pour achever les travaux. Cette histoire, entre romance et politique, illustre bien le mélange permanent de réalité et de mythes sur la Route de la Soie. Pour le voyageur contemporain, la mosquée demeure surtout un lieu impressionnant où l’on mesure physiquement ce que signifiait bâtir un symbole impérial au Moyen Âge.

À quelques kilomètres du centre, l’observatoire d’Ulugh Beg témoigne d’un autre visage de Samarcande : celui de la science et de l’astronomie. Petit-fils de Tamerlan, Ulugh Beg fut avant tout un savant, passionné par le mouvement des astres. Vers 1420, il fait construire un observatoire révolutionnaire pour l’époque, doté d’un gigantesque sextant de pierre semi-enterré. Les calculs réalisés ici permirent de dresser des tables astronomiques d’une précision exceptionnelle, utilisées pendant plusieurs siècles.

Lors de la visite, on découvre les vestiges du sextant ainsi qu’un petit musée expliquant les méthodes de travail des astronomes timurides. C’est un excellent complément aux visites des madrasas du Registan, dont celle d’Ulugh Beg, où l’on enseignait déjà mathématiques et astronomie. En reliant ces deux sites, vous suivez littéralement le fil qui va de la mosquée, lieu de foi, à l’observatoire, lieu de savoir : une dualité au cœur de la civilisation de la Route de la Soie.

Forteresse d’ark et ensemble poi kalyan à boukhara

À Boukhara, la forteresse d’Ark domine la vieille ville comme un vaisseau de briques posé sur une colline artificielle. Occupé en continu pendant plus de quinze siècles, ce complexe servait de résidence aux émirs, de centre administratif et de refuge en cas de siège. En pénétrant dans ses murailles, on accède à une succession de cours, de salles de réception, de mosquées et de petits musées retraçant l’histoire de la cité.

Les hautes parois inclinées de l’Ark rappellent visuellement une vague figée en plein mouvement. C’est ici que se jouaient les grandes décisions politiques et diplomatiques, mais aussi, autrefois, les exécutions publiques sur la place voisine du Registan. Aujourd’hui, le site offre surtout un panorama remarquable sur le centre historique et permet de comprendre la structure d’une capitale caravanière fortifiée.

Non loin de là, l’ensemble Poi Kalyan constitue l’un des ensembles architecturaux les plus emblématiques de Boukhara. Il réunit la mosquée Kalyan, la madrasa Mir-i Arab et le fameux minaret Kalyan, haute tour de briques de près de 48 mètres. Construit au XIIe siècle, ce minaret servait de phare urbain pour les caravanes arrivant par le désert, mais aussi de tour d’appel à la prière. Sa silhouette élégante, ornée de bandes de briques décoratives, est devenue le symbole de la ville.

La vaste cour de la mosquée Kalyan, bordée d’arcades régulières, offre un contraste saisissant avec l’animation des bazars couverts voisins. S’y arrêter en fin de journée, lorsque la lumière dorée vient caresser les façades, permet de ressentir cette atmosphère particulière propre aux cités caravanières : un mélange de recueillement, de grandeur et de vie commerciale intense.

Itinéraires authentiques le long des routes commerciales historiques

Explorer l’Ouzbékistan sur la Route de la Soie, ce n’est pas seulement cocher des monuments sur une liste, c’est aussi suivre des itinéraires qui reprennent les anciens axes caravaniers. Ces routes reliaient les oasis entre elles en fonction de la présence de l’eau, des reliefs et des risques de pillage. Aujourd’hui encore, leur tracé reste lisible dans la géographie du pays et structure la plupart des circuits.

En choisissant votre itinéraire, vous pouvez privilégier un voyage centré sur les grandes cités, ou au contraire opter pour des étapes plus rurales et montagnardes. L’idée est de retrouver, à votre manière, le rythme des caravanes : progression par étapes, variations de paysages, rencontres avec les populations locales. C’est aussi l’occasion de combiner train, route et parfois randonnées pour varier les approches.

Corridor Tachkent-Samarcande via la vallée de zeravchan

Le corridor entre Tachkent et Samarcande suit globalement la vallée de la rivière Zeravchan, ancien axe naturel de circulation entre les montagnes du Tian Shan et les plaines fertiles du sud. Aujourd’hui, ce trajet se parcourt en quelques heures grâce au train à grande vitesse Afrosiyob, mais il est instructif d’imaginer le temps où les caravanes mettaient plusieurs jours à franchir la distance.

Depuis Tachkent, la capitale moderne au passé soviétique, on traverse d’abord une zone de plaines cultivées, marquée par la culture du coton et des céréales. Les arrêts possibles vers Djizzakh ou dans les villages de montagne environnants permettent de découvrir un autre visage de l’Ouzbékistan, plus rural, où l’hospitalité reste au cœur du mode de vie. C’est une bonne option si vous souhaitez associer randonnée douce et découverte culturelle.

En approchant de Samarcande, la vallée se resserre et on aperçoit les contreforts montagneux au nord. Historiquement, cette configuration offrait à la fois des terres agricoles riches et une protection naturelle contre les invasions. Pour le voyageur d’aujourd’hui, ce corridor Tachkent–Samarcande constitue souvent la première immersion dans le cœur historique du pays. Choisir le train plutôt que l’avion permet de mieux percevoir ces transitions de paysages et de se mettre progressivement dans l’ambiance de la Route de la Soie.

Route transoxyane Boukhara-Khiva à travers le désert de kyzylkoum

Entre Boukhara et Khiva s’étend le désert de Kyzylkoum, « sables rouges » en turc. Cette longue traversée, souvent réalisée en une journée de route, suit l’un des tronçons les plus emblématiques de l’ancienne Transoxiane. Autrefois, les caravanes avançaient de puits en puits, s’arrêtant dans des caravansérails fortifiés pour la nuit. Aujourd’hui, la route moderne trace une ligne presque droite au milieu des dunes et des steppes.

Ce trajet peut sembler monotone sur le papier, mais il contribue beaucoup à l’expérience globale du voyage. Voir défiler pendant plusieurs heures un paysage semi-désertique aide à comprendre ce que représentait logistiquement le commerce sur la Route de la Soie. C’est un peu comme feuilleter lentement les pages blanches entre deux chapitres d’un livre : sans elles, le récit perdrait de sa cohérence.

De nombreux voyagistes proposent des pauses dans de petits camps de yourtes ou près du lac Aydarkoul, selon l’itinéraire retenu. Ces haltes permettent de découvrir la vie pastorale, d’observer les troupeaux de chameaux et de goûter au koumis, lait de jument fermenté. Pour limiter la fatigue, il est recommandé de partir tôt le matin, d’emporter de l’eau en quantité suffisante et de prévoir de quoi se protéger du soleil, surtout entre mai et septembre.

Parcours montagnard vers la vallée de ferghana et kokand

La vallée de Ferghana, à l’est de l’Ouzbékistan, était l’un des greniers agricoles de l’Asie centrale et un carrefour majeur entre la Chine, l’Inde et le monde persan. Pour y accéder depuis Tachkent, la route franchit plusieurs cols et gorges, offrant un itinéraire spectaculaire à travers les montagnes du Tian Shan occidental. Cette portion du voyage donne un aperçu des paysages alpins d’Asie centrale, avec leurs pâturages d’altitude et leurs villages accrochés aux pentes.

Sur le plan historique, Ferghana était surtout connue pour sa soie de grande qualité et pour l’élevage de chevaux réputés. La ville de Kokand, ancienne capitale d’un khanat puissant, conserve encore de beaux palais, comme celui du Khudayar Khan, aux façades couvertes de céramiques colorées. Pour le voyageur intéressé par l’artisanat et la ruralité, cet itinéraire montagnard vers Ferghana complète parfaitement la découverte des grandes cités de la plaine.

La route vers la vallée peut toutefois être fermée ou difficilement praticable en hiver en raison de la neige. Si vous voyagez entre novembre et mars, il est préférable de vérifier l’état des cols et, si besoin, de privilégier le train quand il est disponible. En été, en revanche, ce parcours permet de profiter de températures plus fraîches qu’à Boukhara ou Khiva, tout en découvrant une autre facette de la culture ouzbèke.

Liaison Termez-Samarcande par les sites bactriens

Au sud du pays, la région de Termez borde l’Afghanistan et correspond à l’ancienne Bactriane, carrefour entre le monde grec, indien et iranien. Peu intégrée aux circuits classiques, cette zone recèle pourtant des vestiges exceptionnels : monastères bouddhiques, forteresses kouchanes, ruines hellénistiques. Pour les passionnés d’histoire des religions et d’archéologie, la liaison Termez–Samarcande offre un itinéraire fascinant hors des sentiers battus.

Parmi les sites les plus remarquables, on peut citer Fayaz-Tepe et Kara-Tepe, anciens complexes monastiques bouddhiques, ou encore le site de Kampyr-Tepe sur les rives de l’Amou-Daria, parfois présenté comme une « Alexandrie d’Asie centrale ». Ce sont autant de preuves tangibles que la Route de la Soie ne se limitait pas aux échanges commerciaux : elle véhiculait aussi des idées, des croyances et des styles artistiques.

La route entre Termez et Samarcande traverse des paysages de collines arides et d’oasis cultivées, reflétant l’équilibre fragile entre désert et agriculture irriguée. Compte tenu de la proximité avec une zone sensible, il est impératif de se tenir informé de la situation géopolitique et de voyager avec une agence locale expérimentée. Bien préparé, cet itinéraire permet d’ajouter une dimension supplémentaire à votre voyage sur la Route de la Soie, en remontant aux sources mêmes de la civilisation bactrienne.

Artisanat traditionnel et techniques de production séculaires

L’artisanat ouzbek est l’un des héritages les plus vivants de la Route de la Soie. Tissages, céramiques, broderies, travail du métal ou du cuir : chaque région du pays s’est spécialisée dans un savoir-faire transmis de génération en génération. Voyager en Ouzbékistan, c’est donc aussi rencontrer ces artisans, visiter leurs ateliers et comprendre les gestes qui se cachent derrière les objets que l’on rapporte.

Contrairement à certains pays où l’artisanat se réduit à une simple production touristique, de nombreux ateliers ouzbeks continuent d’alimenter le marché local : tissus pour les vêtements du quotidien, couteaux pour la cuisine, céramiques pour la table. C’est cette double fonction, utilitaire et esthétique, qui donne à ces objets leur authenticité. Vous vous demandez quoi ramener d’un voyage en Ouzbékistan ? Les paragraphes qui suivent devraient vous aider à faire vos choix en connaissance de cause.

Ateliers de soierie et production de suzani à margilan

La ville de Margilan, au cœur de la vallée de Ferghana, est considérée comme la capitale de la soie ouzbèke. Depuis le Moyen Âge, elle produit des tissus prisés sur l’ensemble de la Route de la Soie, notamment pour la confection de vêtements, de turbans et de tentures. Aujourd’hui encore, plusieurs ateliers ouvrent leurs portes aux visiteurs pour montrer les différentes étapes de la fabrication, de l’élevage des vers à soie au tissage final.

Le procédé traditionnel commence par la culture des mûriers, dont les feuilles nourrissent les chenilles. Les cocons sont ensuite récoltés, filés, puis teints à l’aide de pigments naturels ou synthétiques. Les motifs, souvent géométriques ou inspirés du monde végétal, sont créés selon la technique de l’ikat, qui consiste à teindre le fil avant le tissage. Le résultat est un tissu aux dessins légèrement flous, comme si l’image avait été volontairement adoucie.

Margilan est également un centre important de production de suzani, ces grandes broderies décoratives utilisées traditionnellement comme tentures, couvre-lits ou cadeaux de mariage. Chaque suzani raconte une histoire à travers ses motifs floraux, ses grenades (symbole de fertilité) ou ses soleils stylisés. En visitant un atelier ou une coopérative féminine, vous verrez comment ces pièces sont brodées à la main pendant des semaines, voire des mois, dans un travail patient comparable à la rédaction d’un manuscrit enluminé.

Céramique émaillée de rishtan et techniques de glaçure

À une cinquantaine de kilomètres de Margilan, la petite ville de Rishtan est réputée pour sa céramique émaillée aux teintes bleu-vert caractéristiques. Ici, les potiers utilisent encore une argile locale très fine, qui confère aux pièces une légèreté particulière. Les formes sont souvent simples – bols, assiettes, théières – mais c’est la glaçure qui fait toute la différence.

La technique traditionnelle repose sur l’usage d’un émail riche en oxydes de cuivre, donnant cette couleur turquoise si typique des productions de Rishtan. Les motifs, peints à la main, s’inspirent des plantes, des fleurs et des symboles protecteurs hérités des croyances populaires. Le résultat est à la fois décoratif et parfaitement fonctionnel, puisque ces pièces sont conçues pour un usage quotidien.

Lors d’une visite d’atelier, vous pourrez suivre les différentes étapes : façonnage au tour, séchage, première cuisson, décoration, émaillage et seconde cuisson. C’est un processus délicat où la moindre variation de température peut altérer le rendu final, un peu comme une recette de pâtisserie que l’on doit maîtriser au degré près. Pour acheter une pièce de qualité, privilégiez les ateliers identifiés plutôt que les stands des grands bazars, où les productions industrielles importées se mêlent parfois aux objets artisanaux.

Forge traditionnelle et coutellerie de chust

Dans la région de Namangan, la ville de Chust est réputée pour ses couteaux artisanaux, les pichoq, très appréciés dans tout le pays. Chaque couteau est forgé à la main, souvent dans de petites échoppes familiales, où l’on entend résonner le marteau sur l’enclume dès le matin. La lame, en acier carbone, est affûtée avec soin pour un usage quotidien en cuisine ou à table.

Les manches sont généralement réalisés en bois, os ou corne, parfois incrustés de laiton ou de nacre. La forme légèrement courbe de certaines lames s’inspire des modèles historiques, utilisés autrefois par les caravaniers et les artisans. Plus qu’un simple souvenir, un couteau de Chust est un objet utilitaire que vous pourrez garder longtemps, à condition de respecter les règles de transport et de sécurité lors de votre retour en avion.

Assister au travail d’un forgeron est une expérience marquante : la maîtrise du feu, la précision des gestes, le contrôle du refroidissement rappellent à quel point ce métier repose sur un mélange d’intuition et de science empirique. Comme pour la céramique ou la soie, il est préférable de choisir un atelier recommandé par votre guide ou votre hébergeur afin de soutenir directement les artisans et d’éviter les imitations de moindre qualité.

Tanneries de cuir de boukhara et maroquinerie artisanale

Boukhara fut longtemps un centre important du travail du cuir, notamment pour la production de bottes, de selles et de ceintures destinées aux nomades et aux caravaniers. Si les grandes tanneries d’autrefois ont en partie disparu, plusieurs ateliers perpétuent encore ce savoir-faire en fabriquant sacs, ceintures, portefeuilles et petits accessoires de maroquinerie.

La transformation des peaux brutes en cuir souple et durable requiert de nombreuses étapes : trempage, tannage, séchage, teinture, graissage. Les ateliers qui utilisent encore des méthodes traditionnelles – tannage végétal, pigments naturels – produisent des cuirs à l’odeur caractéristique, plus douce que celle des procédés chimiques. Pour le visiteur, c’est l’occasion de voir comment une matière première brute devient, au fil des gestes, un objet raffiné.

Dans les bazars couverts de Boukhara, vous trouverez un large choix de produits en cuir, du sac de voyage au petit étui à lunettes. Pour reconnaître un article bien fait, observez la régularité des coutures, la qualité des finitions et la souplesse du cuir. N’hésitez pas à discuter le prix avec le vendeur, le marchandage faisant partie intégrante de la culture commerciale locale, tout en gardant en tête la valeur du travail artisanal.

Gastronomie ouzbèke et traditions culinaires des bazars

La gastronomie ouzbèke est à l’image de son histoire caravanière : nourrissante, conviviale et influencée par de multiples cultures. Plats mijotés dans de grands chaudrons, pains cuits au four de terre, brochettes grillées dans la rue : chaque repas devient un moment de partage. Les bazars, en particulier, sont de véritables théâtres culinaires où se côtoient étals de fruits secs, montagnes d’épices et stands de restauration rapide à la mode locale.

Parmi les spécialités incontournables, le plov occupe une place centrale. Ce plat de riz cuit avec de la viande (souvent de mouton), des carottes et des oignons, parfumé aux épices, se décline en de nombreuses variantes régionales. À Samarcande, on le prépare plutôt avec de gros grains de riz et une cuisson lente, tandis qu’à Ferghana, le plov est plus riche en viande et en huile. Assister à sa préparation dans un restaurant populaire ou chez l’habitant est une expérience à part entière.

Les somsa (chaussons farcis), cuits au four tandoor, constituent un autre classique des étals de rue. Garnis de viande, de courge ou de pommes de terre, ils se dégustent brûlants, souvent accompagnés de thé vert. Dans les bazars de Tachkent, de Boukhara ou de Khiva, vous trouverez également une grande variété de pains non, aux formes et aux décorations différentes selon les villes : certains sont épais et moelleux, d’autres plus plats et croustillants.

Les voyageurs végétariens peuvent aussi s’y retrouver facilement en privilégiant les soupes de légumes, les salades à base de tomates et de concombres, les plats de pois chiches et les nombreux fruits frais disponibles en saison. La vallée de Ferghana est notamment réputée pour ses abricots, ses raisins et ses grenades. Comme sur toute la Route de la Soie, le thé remplace souvent le café : on vous en servira partout, du petit-déjeuner au dîner, comme un signe d’hospitalité.

Logistique de voyage et périodes climatiques optimales

Sur le plan pratique, un voyage en Ouzbékistan demande une préparation minimale mais structurée. Le pays s’est largement ouvert au tourisme depuis une dizaine d’années : les infrastructures se sont modernisées, les liaisons ferroviaires se sont densifiées et de nombreuses compagnies aériennes desservent aujourd’hui Tachkent. Cela ne signifie pas pour autant que tout est standardisé : sortir des grands axes impose toujours un peu de flexibilité.

Le climat est de type continental, avec des hivers froids (températures pouvant descendre sous zéro) et des étés très chauds, surtout dans les régions désertiques. Les périodes les plus agréables pour explorer la Route de la Soie se situent généralement au printemps (avril-mai) et en automne (septembre-octobre). Les températures y sont douces, la lumière agréable pour la photographie et les sites moins fréquentés qu’en haute saison estivale.

Pour les déplacements entre les grandes villes, le train à grande vitesse Afrosiyob offre un excellent compromis entre confort et temps de trajet, notamment sur les axes Tachkent–Samarcande et Samarcande–Boukhara. Les liaisons plus longues, comme Boukhara–Khiva ou les excursions vers Termez et Ferghana, se font en minibus ou en voiture avec chauffeur. Il est recommandé de réserver à l’avance en haute saison, surtout si vous souhaitez voyager en petit groupe ou bénéficier d’un guide francophone.

Côté formalités, la plupart des ressortissants européens sont exemptés de visa pour des séjours de courte durée, mais il reste essentiel de vérifier les conditions en vigueur avant le départ et de disposer d’un passeport valable au moins six mois après le retour. Une assurance voyage couvrant les frais médicaux et le rapatriement est fortement conseillée. Enfin, pensez à adapter votre trousse à pharmacie au climat sec et aux variations de température entre jour et nuit : hydratation, protection solaire et vêtements en couches sont vos meilleurs alliés.

Hébergement traditionnel dans les anciennes demeures marchandes

Une des plus belles manières de prolonger l’esprit de la Route de la Soie consiste à séjourner dans d’anciennes demeures marchandes reconverties en maisons d’hôtes. À Boukhara, Samarcande ou Khiva, de nombreuses guesthouses sont installées dans des maisons traditionnelles aux cours intérieures fleuries, dotées de taptchans (estrades) où l’on prend le thé à l’ombre des arbres.

Ces hébergements, souvent tenus par des familles locales, conservent les éléments architecturaux d’origine : plafonds de bois sculpté, colonnes peintes, niches décoratives, céramiques colorées. Les chambres ont été adaptées au confort moderne (salle de bain privée, chauffage, climatisation selon les cas), mais l’esprit des lieux reste fidèle à ce que pouvait être une grande maison caravanière il y a quelques siècles. C’est un peu comme si vous passiez la nuit dans un petit caravansérail privé.

À Khiva, certaines anciennes madrasas et maisons de notables ont été transformées en hôtels de charme au cœur même d’Itchan Kala. Dormir dans ce décor historique, à deux pas des minarets, permet de profiter de la ville tôt le matin ou tard le soir, lorsque les groupes de visiteurs sont partis. À Boukhara, les petites maisons d’hôtes autour de Labi-Hauz offrent une atmosphère conviviale, idéale pour échanger avec d’autres voyageurs et avec les propriétaires.

Pour choisir votre hébergement, n’hésitez pas à privilégier les adresses qui valorisent les savoir-faire locaux : mobilier en bois sculpté, textiles brodés, céramiques artisanales. Au-delà de l’aspect esthétique, vous contribuez ainsi directement à la préservation d’un patrimoine vivant. Et si vous aimez comprendre le fonctionnement des lieux, demandez à visiter la cuisine, la cour intérieure ou le toit-terrasse : souvent, vos hôtes seront ravis de partager avec vous un peu de leur quotidien sur la Route de la Soie.