# Les plus belles îles des Caraïbes à explorer hors des sentiers battus
Les Caraïbes évoquent immédiatement des images de plages paradisiaques, d’eaux turquoise et de cocotiers se balançant sous la brise tropicale. Pourtant, au-delà des destinations classiques comme la Barbade ou Cuba, un archipel d’îles méconnues attend les voyageurs en quête d’authenticité et de découvertes privilégiées. Ces joyaux cachés offrent une expérience caribéenne préservée, loin des foules touristiques et des complexes hôteliers standardisés. Du nord au sud de cette mer légendaire, ces territoires insulaires révèlent des écosystèmes marins exceptionnels, des traditions culturelles vivantes et des paysages d’une beauté saisissante. Pour les aventuriers modernes qui cherchent à sortir des circuits conventionnels, ces îles représentent une invitation à redécouvrir l’essence même du voyage caribéen.
Les îles grenadines : archipel préservé entre Saint-Vincent et grenade
S’étendant sur une distance de 100 kilomètres entre Saint-Vincent au nord et la Grenade au sud, l’archipel des Grenadines constitue l’un des secrets les mieux gardés des Caraïbes. Cette chaîne d’une trentaine d’îles et îlots volcaniques se distingue par son caractère sauvage et sa fréquentation touristique limitée. Contrairement aux destinations caribéennes plus commerciales, les Grenadines ont conservé leur authenticité créole et leur rythme de vie traditionnel. La navigation entre ces îles permet de découvrir des mouillages isolés, des plages quasi désertes et des communautés locales encore profondément attachées à leurs traditions maritimes et agricoles.
L’archipel bénéficie d’un climat tropical sec avec des précipitations annuelles inférieures à celles des îles plus au nord, ce qui garantit un ensoleillement généreux tout au long de l’année. Les eaux cristallines qui entourent ces îles abritent certains des récifs coralliens les plus préservés de la région, faisant des Grenadines une destination privilégiée pour la plongée sous-marine et le snorkeling. La topographie variée des îles, alternant entre collines verdoyantes et côtes escarpées, offre également des opportunités de randonnée avec des panoramas spectaculaires sur l’ensemble de l’archipel.
Mayreau et ses 300 habitants : authenticité créole au saltwhistle bay
Mayreau représente l’essence même de la vie insulaire caribéenne à petite échelle. Avec une population qui ne dépasse guère les 300 résidents permanents, cette île minuscule d’à peine 4 kilomètres carrés offre une expérience d’immersion totale dans la culture créole traditionnelle. L’unique village perché sur une colline surplombe l’océan et se compose de maisons colorées en bois, d’une église catholique centenaire et de quelques commerces tenus par des familles locales. L’absence de routes pavées et la rareté des véhicules motorisés contribuent à l’atmosphère paisible qui règne sur Mayreau.
Saltwhistle Bay, considérée comme l’une des plus belles plages des Caraïbes, mérite à elle seule le détour vers Mayreau. Cette anse en forme de croissant parfait s’étend sur près d’un kilomètre de sable blanc immaculé, bordée de cocotiers et baignée par des eaux d’un turquoise éclatant. La baie est protégée par un récif corallien qui crée une lagune naturelle idéale pour la baignade et l’observation de la vie marine. Les visiteurs peuvent apercevoir des raies, des poissons tropicaux
et parfois même des tortues juvéniles dans cette piscine naturelle à ciel ouvert. Peu d’infrastructures touristiques sont présentes, ce qui garantit une atmosphère intimiste, surtout en fin de journée lorsque les bateaux repartent. Pour profiter pleinement de cette plage de carte postale, mieux vaut arriver tôt le matin, lorsque la lumière est douce et que la baie est presque déserte. Vous pourrez alors marcher d’un bout à l’autre du croissant de sable, observer les pélicans en chasse et discuter avec les habitants qui tiennent les petits bars de plage. Pour un séjour vraiment hors des sentiers battus dans les Grenadines, passer une ou deux nuits à Mayreau permet de ressentir le rythme de vie local, fait de pêche, de musique et de moments partagés.
Tobago cays : zone de protection marine et récifs coralliens
Au large de Mayreau, l’archipel des Tobago Cays est classé zone de protection marine et constitue l’un des plus beaux lagons des Caraïbes. Cinq îlots inhabités émergent d’un camaïeu de bleus, protégés par la barrière de corail de Horseshoe Reef. Ici, aucune route ni construction permanente : seulement quelques abris de pêcheurs, des plages sauvages et une eau translucide où évoluent tortues vertes, raies pastenagues et poissons-perroquets. L’absence d’urbanisation a permis de préserver un écosystème corallien d’une grande richesse, idéal pour la plongée libre en autonomie.
Les Tobago Cays sont particulièrement prisés des navigateurs qui viennent jeter l’ancre au cœur du lagon, mais il est également possible d’y accéder en excursion à la journée depuis Union Island, Canouan ou même Saint-Vincent. En snorkeling, vous suivez les tortues marines dans les herbiers et explorez les tombants du récif à quelques mètres seulement de la surface. Pour limiter l’impact sur ce sanctuaire marin, il est essentiel de respecter quelques règles simples : ne pas marcher sur les coraux, ne pas nourrir les poissons et utiliser une crème solaire « reef-safe » sans filtres chimiques nocifs. Ainsi, vous participez à la préservation de ce joyau tout en profitant d’une expérience de baignade exceptionnelle, digne d’un aquarium naturel à ciel ouvert.
Canouan : plages isolées de godahl beach et mahault bay
Plus confidentielle que Bequia ou Union, l’île de Canouan mêle paysages sauvages et hôtels de luxe nichés en bord de lagon. Malgré le développement de quelques resorts haut de gamme, de vastes portions de l’île restent peu fréquentées, notamment sur la côte nord et ouest. Godahl Beach, longue plage de sable blond bordée de collines verdoyantes, offre une atmosphère paisible où l’on peut marcher des dizaines de minutes sans croiser âme qui vive. Les eaux calmes et peu profondes sont parfaites pour la baignade en famille ou pour une séance de paddle au lever du soleil.
Mahault Bay, plus sauvage, se distingue par ses reliefs plus marqués et ses points de vue spectaculaires sur les îles voisines des Grenadines. Cette baie encore relativement épargnée par le tourisme de masse attire les voyageurs en quête de tranquillité et de paysages bruts. En louant une voiture ou un taxi local, vous pouvez combiner plusieurs plages dans la même journée, en vous arrêtant dans les petits villages pour goûter au fameux « roti » ou au poisson grillé. Canouan se prête aussi très bien à un séjour combiné dans les Grenadines, entre mouillages en voilier et quelques nuits à terre pour prendre le temps de découvrir la culture insulaire.
Union island : mouillage à chatham bay et randonnée au fort hill
Souvent décrite comme le « cœur battant » des Grenadines, Union Island séduit par son relief accidenté et son ambiance typiquement caribéenne. Le petit bourg de Clifton, avec son marché coloré et ses bars de plage, constitue le point de départ de nombreux itinéraires de voile vers les Tobago Cays et Mayreau. Mais l’un des plus beaux secrets de l’île se cache sur sa côte ouest : Chatham Bay, une large anse en arc de cercle encore peu construite, accessible par bateau ou par un sentier côtier. Le mouillage y est réputé pour son calme, ses couchers de soleil flamboyants et ses eaux idéales pour le snorkeling.
Pour prendre de la hauteur, la randonnée jusqu’au Fort Hill offre un panorama impressionnant sur l’ensemble de l’archipel des Grenadines. Le sentier, relativement court mais parfois raide, serpente entre les cactus et les arbustes tropicaux avant d’atteindre les vestiges d’un ancien fort. De là, la vue embrasse Union, Mayreau, Canouan et, par temps clair, les Tobago Cays. Prévoir de bonnes chaussures, de l’eau et un départ tôt le matin permet d’éviter la chaleur la plus intense. Cette combinaison de mouillages sauvages et de randonnées panoramiques fait d’Union Island une étape incontournable pour un voyage aux Caraïbes hors des sentiers battus.
Îles ABC néerlandaises : bonaire et son écosystème marin exceptionnel
Au large des côtes vénézuéliennes, les îles ABC – Aruba, Bonaire et Curaçao – forment un ensemble à l’identité singulière, marqué par l’héritage néerlandais et la proximité de l’Amérique du Sud. Parmi elles, Bonaire s’est imposée comme une référence mondiale pour la plongée sous-marine et la protection des récifs coralliens. Dès 1979, l’île a créé un parc marin autour de l’ensemble de son littoral, une démarche pionnière dans les Caraïbes qui a permis de préserver des fonds marins d’une qualité exceptionnelle. Ici, la mer est au cœur de l’expérience de voyage : snorkeling, plongée bouteille, planche à voile et kitesurf se pratiquent dans un cadre encore relativement préservé du tourisme de masse.
Contrairement à d’autres îles caribéennes couvertes de forêts tropicales denses, Bonaire présente un paysage semi-aride, ponctué de cactus, d’acacias et de salines roses. Cette apparente austérité terrestre contraste merveilleusement avec la richesse de la vie sous-marine, visible dès les premiers mètres depuis le rivage. De nombreuses mises à l’eau numérotées le long de la côte permettent aux plongeurs autonomes de se mettre à l’eau directement depuis la plage, une particularité qui fait de Bonaire une destination très appréciée des passionnés. Si vous cherchez une île des Caraïbes pour la plongée hors des sentiers battus, difficile de trouver mieux.
Washington slagbaai national park : faune endémique et flamants roses
Occupant tout le nord-ouest de l’île, le Washington Slagbaai National Park protège plus de 5 000 hectares de paysages sauvages et de littoraux encore intacts. Anciennes plantations reconverties en aire naturelle, ces terres accueillent une faune endémique variée : iguanes verts, perroquets lories, chèvres sauvages et de nombreux oiseaux marins. Les pistes, parfois cahoteuses, se parcourent en véhicule 4×4, avec plusieurs arrêts possibles pour randonner, se baigner ou simplement observer le paysage. Certaines criques, comme Wayaka II ou Playa Chikitu, offrent des eaux d’un bleu électrique, même si la baignade y est parfois déconseillée en raison de la houle.
Le parc est également célèbre pour ses salines où se rassemblent des colonies de flamants roses, particulièrement visibles tôt le matin ou en fin d’après-midi. Observer ces oiseaux élégants qui se nourrissent dans les eaux peu profondes, avec en toile de fond les collines arides de Bonaire, est l’un des moments forts d’un voyage sur l’île. Pour profiter pleinement du Washington Slagbaai National Park, il est recommandé de prévoir une journée entière, de partir avec suffisamment d’eau et de vérifier l’état des pistes à l’entrée du parc. Ce territoire protégé illustre parfaitement la volonté de Bonaire de concilier tourisme et préservation de ses écosystèmes.
Sites de plongée klein bonaire et lac bay : sanctuaire de tortues marines
Si le littoral principal de Bonaire regorge déjà de spots de plongée accessibles depuis la côte, deux sites se détachent particulièrement pour les amateurs de vie marine : Klein Bonaire et Lac Bay. Klein Bonaire est un îlot inhabité situé à quelques minutes en bateau de Kralendijk, la petite capitale de l’île. Entouré d’un récif corallien parfaitement préservé, il offre des plongées dérivantes spectaculaires où l’on croise régulièrement des tortues vertes, des murènes et des bancs de poissons tropicaux. La plage de No Name Beach, sur la côte ouest de l’îlot, est également idéale pour le snorkeling en autonomie.
De l’autre côté de Bonaire, Lac Bay est un vaste lagon protégé par un récif, réputé pour ses eaux peu profondes et son vent régulier, qui en font un spot de planche à voile de renommée mondiale. Mais ce lagon est aussi un lieu de reproduction et de nourrissage privilégié pour les tortues marines et de nombreuses espèces de poissons juvéniles. En vous aventurant en snorkeling à la limite de la barrière de corail, vous aurez de grandes chances d’observer ces tortues qui viennent se nourrir dans les herbiers. Pour minimiser votre impact, pensez à garder vos distances, à ne pas les toucher et à éviter de les poursuivre : dans les Caraïbes comme ailleurs, le respect de la faune est la clé d’un tourisme durable.
Mangroves de lac cai : écosystème de palétuviers rouges et nurserie aquatique
À proximité de Lac Bay, la zone de Lac Cai abrite l’un des plus beaux systèmes de mangroves des Caraïbes. Cet entrelacs de palétuviers rouges, noirs et blancs joue un rôle essentiel de « nurserie » pour de nombreuses espèces marines. Les racines aériennes des mangroves servent d’abri aux poissons juvéniles, aux crustacés et à divers invertébrés qui y trouvent une protection contre les prédateurs. Explorer cet écosystème en kayak ou en stand-up paddle, accompagné d’un guide local, permet de comprendre concrètement le lien vital entre mangroves, récifs coralliens et plages de sable.
Les excursions organisées à Lac Cai insistent généralement sur la dimension pédagogique et écologique de la visite. Vous apprenez comment les mangroves filtrent l’eau, stabilisent les côtes et contribuent à atténuer l’impact des tempêtes tropicales. Comme souvent dans les écosystèmes fragiles des Caraïbes, les règles sont strictes : pas de débarquement sur certaines zones, pas de prélèvement de coquillages et un encadrement en petits groupes uniquement. Cette immersion silencieuse au milieu des palétuviers, ponctuée par le cri des oiseaux et le clapotis de la pagaie, offre une parenthèse apaisante loin des plages animées et rappelle à quel point la Caraïbe est aussi une destination d’écotourisme pointu.
Petites antilles méconnues : dominique, l’île nature des caraïbes
Surnommée « la nature island », la Dominique se distingue nettement de ses voisines plus balnéaires comme la Martinique ou la Guadeloupe. Ici, pas de longues plages de sable blanc bordées de resorts, mais une île montagneuse couverte de forêts primaires, de rivières et de cascades. Longtemps restée à l’écart des grands circuits touristiques, la Dominique attire désormais une clientèle en quête de randonnées, de baignades en rivière et de découvertes culturelles authentiques. L’île a d’ailleurs fait de l’écotourisme l’un des piliers de sa stratégie de développement, avec un réseau de parcs nationaux et de sites naturels protégés.
Située entre les îles françaises, la Dominique se combine parfaitement avec un voyage en Guadeloupe ou en Martinique pour ceux qui souhaitent découvrir une autre facette des Caraïbes. Le passage de l’ouragan Maria en 2017 a fortement marqué l’île, mais la nature, résiliente, a repris ses droits et les sentiers sont de nouveau accessibles. Vous aimez les volcans, les sources chaudes et les forêts luxuriantes ? Alors la Dominique mérite une place de choix dans votre itinéraire, d’autant qu’elle reste encore relativement préservée du tourisme de masse.
Parc national du morne trois pitons : patrimoine UNESCO et lac boiling
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc national du Morne Trois Pitons est le joyau naturel de la Dominique. Sur près de 7 000 hectares, il concentre une étonnante diversité de paysages volcaniques : lacs de cratère, sources chaudes, fumerolles, forêts brumeuses et chutes d’eau spectaculaires. Le point d’orgue du parc est sans doute le Boiling Lake, l’un des rares lacs en ébullition permanente au monde. Niché au cœur d’un cirque montagneux, ce lac gris acier bouillonne sous l’effet d’une intense activité géothermique, offrant un spectacle à la fois fascinant et un peu irréel.
La randonnée jusqu’au Boiling Lake est exigeante – comptez 6 à 7 heures aller-retour – mais accessible à tout randonneur en bonne condition physique. Le sentier traverse d’abord une forêt tropicale dense, puis la « Vallée de la Désolation », une zone de fumerolles, de bassins de boue et de roches teintées d’ocre et de soufre. En chemin, de petites piscines naturelles d’eau tiède permettent de se détendre avant de repartir. Pour des raisons de sécurité, il est fortement conseillé de partir avec un guide local, qui connaît les conditions météo, l’itinéraire et les zones à éviter. Cette expérience, parmi les plus marquantes d’un voyage aux Caraïbes hors des sentiers battus, montre à quel point la Dominique est une île de montagnes plus que de plages.
Champagne reef : plongée géothermique et bulles volcaniques sous-marines
Au large de la côte ouest de la Dominique, non loin de la capitale Roseau, le site de Champagne Reef offre une expérience de plongée unique dans les Caraïbes. Là où, ailleurs, on sabre le champagne pour fêter une belle plongée, ici ce sont littéralement des bulles qui s’échappent du fond marin. Des sources chaudes volcaniques situées sous la surface libèrent en continu des filets de bulles qui remontent le long du récif, créant l’illusion de nager dans un verre de champagne géant. L’eau y est légèrement plus chaude qu’aux alentours, ce qui attire une faune marine particulièrement dense.
Accessible aussi bien en snorkeling qu’en plongée bouteille, Champagne Reef convient à tous les niveaux. Les plongeurs peuvent observer des éponges colorées, des poissons ange, des hippocampes et, avec un peu de chance, des tortues en maraude. Pour profiter au mieux de ces bulles volcaniques sous-marines, il est préférable de choisir une sortie en petit groupe, tôt le matin ou en fin de journée, quand la lumière met en valeur les reliefs du récif. N’oubliez pas qu’ici aussi, la règle d’or est de ne rien toucher : certains évents peuvent être très chauds et la protection des coraux reste une priorité pour que ce site conserve tout son attrait.
Waitukubuli national trail : sentier de randonnée de 184 kilomètres
Pour les amateurs de trekking au long cours, la Dominique propose un itinéraire unique dans les Caraïbes : le Waitukubuli National Trail. Long de 184 kilomètres, ce sentier balisé traverse l’île du nord au sud en 14 segments, passant par des villages isolés, des plantations, des forêts primaires et des crêtes volcaniques. Son nom, « Waitukubuli », signifie « son corps est haut » dans la langue des Kalinagos, en référence au relief spectaculaire de l’île. Vous pouvez choisir de parcourir l’intégralité du trail sur une douzaine de jours ou d’opter pour quelques tronçons seulement, en fonction de votre niveau et du temps dont vous disposez.
Certains segments suivent le littoral et offrent des vues superbes sur l’océan, tandis que d’autres s’enfoncent dans le cœur montagneux de la Dominique, avec des dénivelés parfois importants. L’organisation logistique nécessite un minimum de préparation : hébergements en guesthouses, transferts entre les points de départ et d’arrivée, ravitaillement. Mais l’effort est récompensé par une immersion totale dans la vie de l’île, loin des zones fréquentées par les croisiéristes. En choisissant la Dominique pour un voyage de randonnée dans les Caraïbes, vous troquez le farniente permanent pour une aventure au rythme de vos pas.
Réserve carib territory : communauté kalinago et artisanat traditionnel
Sur la côte est de la Dominique, la réserve de Carib Territory – aujourd’hui appelée Kalinago Territory – abrite l’une des dernières communautés indigènes des Petites Antilles. Répartis sur environ 1 500 hectares, les Kalinagos perpétuent un mode de vie et des traditions hérités de leurs ancêtres, premiers habitants de la Caraïbe avant l’arrivée des Européens. Visiter cette réserve, c’est l’occasion de comprendre une autre facette de l’histoire caribéenne, souvent éclipsée par les récits coloniaux et les images de plages de rêve.
Au Kalinago Barana Autê, un village culturel reconstitué, vous découvrez l’architecture traditionnelle des maisons en bois et en feuilles de palmier, les techniques de vannerie, de sculpture et de construction de pirogues. L’artisanat local – paniers, chapeaux, objets en fibres naturelles – constitue une excellente manière de soutenir directement la communauté tout en rapportant un souvenir authentique. Les échanges avec les habitants, souvent francophones ou créolophones en plus de l’anglais, permettent d’aborder des sujets comme la préservation des terres, la transmission des savoirs et les défis du tourisme. Dans un voyage aux Caraïbes hors des sentiers battus, intégrer une étape au cœur du territoire kalinago donne une profondeur humaine et culturelle rare.
Archipel des îles vierges britanniques : navigation entre îles désertes
À l’extrémité nord des Petites Antilles, les Îles Vierges britanniques (BVI) forment un archipel d’une soixantaine d’îles, îlots et rochers, dont une quinzaine seulement sont habités. Réputées auprès des plaisanciers pour la douceur de leurs vents et la courte distance entre chaque île, elles offrent un terrain de jeu idéal pour une croisière intimiste aux Caraïbes. Ici, pas de grands complexes hôteliers, mais plutôt des marinas à taille humaine, des mouillages abrités et des plages où le sable semble n’avoir été foulé que par quelques visiteurs. Naviguer d’île en île permet de goûter à des ambiances très différentes, entre atoll corallien, criques secrètes et villages de pêcheurs.
Les BVI ont longtemps été considérées comme un secret bien gardé parmi les passionnés de voile. Si la réputation de l’archipel commence à se diffuser, il reste encore possible d’y vivre une expérience loin des foules, surtout en dehors de la haute saison et en choisissant des itinéraires moins classiques. Que vous optiez pour la location d’un voilier avec skipper ou pour une petite croisière organisée, vous découvrirez une autre manière d’explorer les plus belles îles des Caraïbes, au rythme des marées et des alizés.
Anegada : atoll corallien isolé et plages de loblolly bay
Contrairement aux autres îles principales des BVI, d’origine volcanique, Anegada est un atoll corallien presque entièrement plat, culminant à peine à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. Cette faible altitude lui donne un charme singulier : de longues plages rectilignes, des lagons turquoise et une impression de bout du monde. Loblolly Bay, sur la côte nord, est l’une des plus belles plages de l’archipel : un ruban de sable blanc bordé de récifs coralliens accessibles à la nage. On y pratique le snorkeling dans des eaux peu profondes, à la rencontre des poissons tropicaux, des raies et parfois des requins nourrices.
Parce qu’elle est un peu plus éloignée des principales routes de navigation, Anegada reste moins fréquentée que Tortola ou Virgin Gorda. Les infrastructures y sont limitées : quelques petits hôtels, des bars de plage où l’on déguste du homard grillé et des loueurs de scooters pour explorer l’intérieur de l’île. En complément des plaisirs balnéaires, il est possible d’observer des flamants roses dans les marais salants ou de partir en excursion pour tenter d’apercevoir les iguanes endémiques en voie de préservation. Venir jusqu’ici demande un peu plus d’organisation, mais c’est aussi la garantie d’un séjour caribéen vraiment hors des sentiers battus.
Jost van dyke : mouillage à white bay et distillerie foxy’s tamarind
Petite par la taille mais grande par sa réputation, Jost Van Dyke est souvent décrite comme l’île la plus festive des BVI. Pourtant, au-delà de son ambiance conviviale, elle conserve un caractère encore authentique et une échelle humaine. White Bay, une anse en arc de cercle aux eaux turquoise, est l’un des mouillages les plus recherchés de l’archipel. Les voiliers y jettent l’ancre derrière la barrière de corail, tandis que les voyageurs débarquent en annexe pour profiter du sable blanc et des bars de plage les pieds dans l’eau. C’est ici que l’on savoure le fameux cocktail « Painkiller », mélange de rhum, de jus de fruits et de noix de muscade, inventé dans les BVI.
Au village de Great Harbour, la distillerie et le bar Foxy’s Tamarind sont devenus une véritable institution, animant les soirées au son de la musique caribéenne. Les soirées du Nouvel An et certains festivals attirent des navigateurs du monde entier, dans une atmosphère joyeuse mais toujours détendue. Pour ceux qui souhaitent profiter de Jost Van Dyke sans l’effervescence, il suffit de s’y rendre en dehors des grands événements ou de privilégier les matinées, lorsque la lumière est douce et les plages encore calmes. Entre mouillages pittoresques, chemins de randonnée simples et rencontres avec les habitants, cette île illustre parfaitement l’art de vivre caribéen, entre fête et tranquillité.
Norman island : grottes marines et légende du trésor de stevenson
À l’extrémité sud des BVI, Norman Island alimente l’imaginaire des voyageurs depuis des siècles. Légende locale et archives historiques laissent penser que l’île aurait inspiré Robert Louis Stevenson pour son roman « L’Île au Trésor ». Qu’il y ait un fond de vérité ou non, une chose est sûre : Norman Island garde un parfum d’aventure. Inhabitée, elle est surtout connue pour ses grottes marines situées à l’extrémité ouest, accessibles en annexe ou en kayak depuis les mouillages voisins. En snorkeling, vous explorez ces cavités partiellement immergées, où la lumière du soleil se reflète sur les parois rocheuses et attire une multitude de poissons colorés.
Les mouillages de The Bight et de Privateer Bay offrent un abri apprécié des plaisanciers, qui viennent y passer la nuit après une journée d’exploration. Sans véritable village ni infrastructure lourde, Norman Island se découvre surtout depuis la mer, dans un esprit de croisière d’expédition. Ici, l’expérience tient autant au charme du site qu’aux histoires que l’on se raconte au coucher du soleil, en imaginant les pirates et contrebandiers qui auraient autrefois fréquenté ces côtes. Pour qui rêve de Caraïbes sauvages et de navigation entre îles désertes, une escale à Norman Island est incontournable.
Antilles françaises confidentielles : les saintes et Marie-Galante
Au sud de la Guadeloupe, quelques petites îles françaises offrent une alternative plus intime aux grandes destinations balnéaires. Les Saintes et Marie-Galante séduisent les voyageurs qui souhaitent découvrir les Antilles françaises autrement, entre villages de pêcheurs, plages préservées et patrimoine historique. Facilement accessibles en ferry depuis la Guadeloupe, elles se prêtent particulièrement bien à un combiné d’îles ou à une excursion de plusieurs jours. Loin des grandes infrastructures touristiques, vous y trouverez des hébergements à taille humaine, une gastronomie créole savoureuse et une atmosphère paisible.
Ces îles, souvent oubliées au profit de la « grande » Guadeloupe, offrent pourtant certains des plus beaux panoramas et des plus belles plages de l’archipel. Vous hésitez entre randonnée, plongée et farniente ? Ici, nul besoin de choisir : en quelques jours, vous pourrez alterner les activités et apprivoiser le rythme doux des petites Antilles. C’est aussi l’occasion de vivre les Caraïbes francophones sous un angle plus confidentiel, au contact direct des habitants.
Terre-de-haut aux saintes : baie de pompierre et fort napoléon
Terre-de-Haut, principale île habitée de l’archipel des Saintes, est souvent citée parmi les plus beaux mouillages du monde. Sa baie, entourée de collines verdoyantes et de maisons colorées, accueille chaque jour des voiliers venus goûter à la douceur de vivre saintoise. À quelques minutes du bourg, la plage de Pompierre constitue un havre de paix : une anse en demi-lune protégée par une barrière de rochers, bordée de cocotiers et de raisiniers. L’eau y est particulièrement calme, idéale pour la baignade, le snorkeling léger ou une simple sieste à l’ombre.
Pour prendre de la hauteur, la montée au Fort Napoléon est un incontournable. Ce fort du XIXe siècle, transformé en musée, surplombe la baie et offre l’un des plus beaux points de vue de l’archipel. Le sentier balisé traverse un jardin de plantes succulentes et de cactus, où vivent en liberté des iguanes antillais. Le musée retrace l’histoire des Saintes, des batailles navales aux traditions de pêche, en passant par la culture locale. En redescendant vers le bourg, ne manquez pas de goûter au fameux « tourment d’amour », cette petite tartelette à la noix de coco ou à la goyave emblématique des Saintes.
Marie-galante : habitation murat et moulins à vent patrimoniaux
À une trentaine de kilomètres au sud-est de la Guadeloupe, Marie-Galante séduit par sa forme parfaitement ronde, ses routes tranquilles et son atmosphère hors du temps. Surnommée « l’île aux cent moulins », elle porte encore les traces de son passé sucrier, visibles dans le paysage sous forme de ruines de moulins à vent et d’anciennes habitations. L’habitation Murat, classée monument historique, est l’un des plus beaux exemples de ce patrimoine industriel et architectural. Entourée de champs de canne à sucre, elle abrite aujourd’hui un écomusée retraçant l’histoire de la canne, de l’esclavage et de la production de rhum.
Parcourir Marie-Galante en voiture ou en scooter permet de découvrir au fil des routes de campagne ces moulins pittoresques, parfois restaurés, parfois envahis par la végétation. L’île est aussi réputée pour son rhum agricole parmi les plus titrés des Caraïbes, produit dans des distilleries comme Bielle, Bellevue ou Père Labat. Une visite guidée, suivie d’une dégustation responsable, permet de mieux comprendre le lien entre terroir, climat et qualité des rhums. Entre patrimoine, paysages ruraux et rencontres, Marie-Galante offre une expérience des Caraïbes à la fois simple, authentique et profondément attachante.
Plage de la feuillère : eaux cristallines et fonds marins préservés
Sur la côte sud-est de Marie-Galante, la plage de la Feuillère est souvent considérée comme l’une des plus belles des Antilles françaises. Un long ruban de sable blanc scintillant, bordé de cocotiers et de filaos, s’étend à perte de vue le long d’un lagon turquoise. Malgré sa beauté, la Feuillère reste relativement calme, surtout en semaine, offrant de vastes espaces où s’installer sans sensation de foule. Le récif au large protège la baignade et permet également de pratiquer le snorkeling à proximité de la plage, pour observer poissons tropicaux et gorgones.
Quelques paillotes et restaurants de plage proposent une cuisine créole simple et savoureuse : accras, poisson grillé, colombo de poulet… Ici, le temps semble suspendu, et l’on comprend vite pourquoi certains voyageurs reviennent année après année profiter de cette parenthèse. Pour varier les plaisirs, il est aussi possible de rejoindre d’autres plages tout aussi superbes, comme Anse Canot ou Petite-Anse, à quelques minutes en voiture. En combinant découverte culturelle le matin et baignade à la Feuillère l’après-midi, vous profitez pleinement de ce que Marie-Galante a de plus précieux : un rythme lent, des paysages préservés et un accueil chaleureux.
Petites îles du sud : carriacou et petite martinique au large de grenade
Plus au sud de l’arc antillais, au large de la Grenade, se cachent deux petites îles encore peu connues du grand public : Carriacou et Petite Martinique. Appartenant à l’État de Grenade, elles offrent une version plus confidentielle et authentique des Caraïbes, loin des grands resorts et des paquebots de croisière. Carriacou, dont le nom signifie « île entourée de récifs » dans la langue des Kalinagos, est réputée pour ses baies calmes, ses plages sauvages et ses chantiers navals traditionnels. Petite Martinique, plus petite encore, vit principalement de la pêche et de la construction de bateaux.
Ces îles se découvrent facilement en combiné avec la Grenade ou les Grenadines, que ce soit en ferry ou en voilier. Ici, pas de grandes routes à quatre voies ni de centres commerciaux : seulement des villages, des chemins de terre et des habitants qui saluent volontiers les visiteurs. Si vous recherchez une destination caribéenne où l’on peut encore marcher seul sur la plage au lever du soleil, Carriacou et Petite Martinique méritent clairement le détour.
Anse la roche : plage sauvage accessible par sentier côtier
Sur la côte nord-ouest de Carriacou, Anse La Roche est souvent décrite comme la plus belle plage de l’île. Son accès relativement discret contribue à préserver son caractère sauvage : on y parvient soit par bateau, soit par un sentier côtier d’environ 30 à 40 minutes de marche depuis la route principale. Le chemin traverse une végétation basse et offre de beaux points de vue sur la mer et les îlots voisins. Au bout de l’effort, une anse isolée se déploie, encadrée de collines rocheuses et bordée d’un sable fin immaculé.
Il n’y a ni bar ni infrastructure à Anse La Roche : pensez donc à emporter de l’eau, un en-cas et tout ce dont vous avez besoin pour quelques heures sur place. Cette absence d’aménagement est précisément ce qui fait le charme du lieu : vous avez souvent la plage presque pour vous seul, avec pour seule bande sonore le bruit des vagues et le chant des oiseaux. Le snorkeling est possible le long des rochers, où se cachent poissons tropicaux et oursins. Pour qui rêve d’une plage des Caraïbes hors des sentiers battus, difficile de trouver mieux.
Tradition de construction navale : chantiers artisanaux de windward
Carriacou possède une tradition maritime profondément ancrée, particulièrement visible dans le village de Windward, sur la côte est. Depuis des générations, les charpentiers de marine y construisent à la main des voiliers et des bateaux de pêche en bois, en utilisant essentiellement des outils traditionnels. Les coques sont façonnées à partir d’arbres locaux, sans plans dessinés, selon un savoir-faire transmis oralement. Se promener à Windward, c’est comme remonter le temps : on y voit des charpentes de bateaux en cours d’assemblage sur la plage, entourées de copeaux de bois et de pièces en cours de ponçage.
Certains chantiers acceptent volontiers les visiteurs de passage, heureux de partager leur passion et d’expliquer les différentes étapes de la construction. Vous découvrirez comment ces bateaux, une fois terminés, partent parfois pour les îles voisines ou même pour de plus longues traversées. Cette tradition de construction navale fait partie intégrante de l’identité de Carriacou et illustre une autre facette des Caraïbes, loin des images de paquebots géants. En intégrant Windward à votre itinéraire, vous donnez du sens à votre voyage, en soutenant des savoir-faire menacés par la standardisation.
Récifs de sandy island : îlot désert et snorkeling en eaux peu profondes
À quelques encablures de Carriacou, Sandy Island est un minuscule croissant de sable blanc bordé de quelques palmiers, entouré d’eaux peu profondes et de récifs coralliens. Classé zone protégée, ce petit paradis est accessible en bateau-taxi depuis Hillsborough ou en voilier pour ceux qui naviguent entre Grenade et les Grenadines. Le mouillage, bien abrité, permet de passer quelques heures ou une journée entière à profiter de la plage et du snorkeling. Les fonds marins, peu profonds, sont parfaits pour une découverte en masque et tuba : poissons-perroquets, demoiselles, chirurgiens bleus et parfois tortues y évoluent en toute quiétude.
La fragilité de cet écosystème impose toutefois quelques précautions : ne pas ancrer sur les coraux, respecter les bouées mises en place, ne rien prélever et emporter tous ses déchets. En échange, Sandy Island vous offre l’une des expériences les plus pures des Caraïbes : celle d’un îlot presque désert, où l’on peut se sentir seul au monde entre ciel et mer. En combinant Carriacou, Petite Martinique et cet îlot préservé, vous composez un voyage aux Caraïbes résolument hors des sentiers battus, fait de rencontres, de nature et de moments suspendus.