L’Afrique du Sud offre une diversité géographique exceptionnelle qui en fait une destination de choix pour les amateurs de road trips. De la côte sauvage de l’océan Indien aux sommets imposants du Drakensberg, en passant par les étendues infinies du Karoo et les réserves animalières du Lowveld, ce pays continent révèle ses trésors à ceux qui prennent le temps de l’explorer par la route. Cette nation arc-en-ciel possède un réseau routier développé qui permet de découvrir en toute liberté des paysages d’une beauté saisissante, une faune exceptionnelle et un patrimoine culturel riche de plusieurs siècles d’histoire.

Planification logistique et préparatifs techniques pour un road trip sud-africain

La réussite d’un périple automobile en Afrique du Sud repose sur une préparation minutieuse qui doit tenir compte des spécificités locales. Le pays s’étend sur plus de 1,2 million de kilomètres carrés, soit environ deux fois la superficie de la France, avec des conditions climatiques et géographiques très variées selon les régions traversées.

Permis de conduire international et réglementations routières spécifiques à l’afrique du sud

La conduite en Afrique du Sud s’effectue à gauche, héritage de la colonisation britannique. Cette particularité nécessite un temps d’adaptation pour les conducteurs européens habitués à circuler à droite. Le permis de conduire international est obligatoire et doit être obtenu avant le départ dans votre pays de résidence. Les autorités sud-africaines exigent que ce document soit accompagné du permis national original. La durée de validité du permis international varie selon les pays émetteurs, mais elle est généralement d’un an à partir de la date de délivrance.

Les limitations de vitesse sont strictement appliquées : 60 km/h en agglomération, 100 km/h sur routes secondaires et 120 km/h sur autoroutes. Les radars automatiques sont nombreux, particulièrement aux abords des grandes villes comme Johannesburg, Le Cap et Durban. Le taux d’alcoolémie autorisé est de 0,05 g/l, soit l’équivalent des normes européennes. Les contrôles de police sont fréquents, notamment sur les axes touristiques de la Garden Route et aux abords des parcs nationaux.

Location de véhicule 4×4 et équipements de sécurité obligatoires

Le choix du véhicule constitue un élément déterminant pour l’itinéraire envisagé. Un 4×4 s’avère indispensable pour explorer certaines régions reculées du Karoo, accéder aux camps de brousse du parc Kruger ou emprunter les pistes de montagne du Drakensberg. Les routes principales sont généralement en excellent état, mais les chemins d’accès aux sites naturels les plus spectaculaires nécessitent souvent un véhicule tout-terrain.

Les équipements de sécurité comprennent un triangle de signalisation, une trousse de premiers secours, un extincteur et des gilets réfléchissants. La prudence recommande également d’emporter une roue de secours en bon état, des câbles de démarrage et une réserve d’eau. Les crevaisons sont relativement fréquentes sur les pistes non goudronnées, particulièrement dans les régions semi-désertiques où les épines d’acacia jonchent le sol.

Les compagnies de location sud-africaines proposent des forfaits spécialement conçus pour les road trips longue distance, incluant une assistance rout

oute disponible 24h/24 et, pour les 4×4 équipés camping, tout le matériel nécessaire (frigo, jerrycans, compresseur, tente de toit).

Assurance voyage et couverture médicale dans les zones reculées du karoo

Un road trip en Afrique du Sud implique parfois de longues heures de route dans des zones peu habitées, notamment dans le Karoo ou certaines parties du Northern Cape. Dans ces régions isolées, les infrastructures médicales peuvent se trouver à plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres. Souscrire une assurance voyage incluant une prise en charge des frais médicaux élevés et un éventuel rapatriement sanitaire n’est donc pas une option, mais une nécessité.

Vérifiez que votre contrat couvre les activités que vous prévoyez de pratiquer : randonnée en altitude dans le Drakensberg, safari en 4×4, plongée le long de la côte ou encore saut à l’élastique à Bloukrans. Certains assureurs excluent les sports dits « à risque » ou les couvrent sous conditions. Assurez-vous également que l’avance de frais est possible sur place, car une hospitalisation privée en Afrique du Sud peut rapidement atteindre plusieurs milliers d’euros, surtout en cas d’intervention chirurgicale ou de transfert en hélicoptère depuis le Karoo.

Pour compléter cette couverture, il est pertinent de disposer des coordonnées des principaux hôpitaux et cliniques situés sur votre itinéraire. De nombreux voyageurs conservent une copie papier de leur police d’assurance, de leurs numéros d’urgence et de leurs documents médicaux essentiels dans la boîte à gants du véhicule. En cas de problème au milieu du désert du Karoo, pouvoir transmettre rapidement votre numéro de contrat et les consignes de prise en charge à un soignant local fera gagner un temps précieux.

Budget détaillé et fluctuations saisonnières des tarifs d’hébergement

Élaborer un budget réaliste pour un road trip en Afrique du Sud suppose de prendre en compte des variations de prix parfois importantes selon la saison et la région visitée. Les mois de haute saison touristique, généralement de décembre à février au Cap et de juillet à octobre pour les safaris dans le Kruger, entraînent une hausse sensible des prix des hébergements, parfois de 30 à 50 % par rapport à la basse saison. À l’inverse, voyager en intersaison (avril-mai ou septembre-novembre) permet de bénéficier de tarifs plus doux tout en profitant de conditions climatiques favorables.

En moyenne, un couple peut prévoir un budget quotidien compris entre 90 et 180 euros, hors billets d’avion, pour couvrir la location de voiture, le carburant, l’hébergement de catégorie moyenne et les repas. Les guest houses et self-catering cottages sont souvent plus économiques que les hôtels classiques, tout en offrant un excellent confort et la possibilité de cuisiner soi-même. Le coût de la vie étant globalement inférieur à celui de l’Europe de l’Ouest, les restaurants restent abordables, avec des plats principaux oscillant entre 7 et 15 euros par personne dans la plupart des villes.

Les réserves privées du Greater Kruger et certains lodges de la Garden Route peuvent en revanche faire grimper rapidement la note. Ces établissements fonctionnent souvent sur un modèle all inclusive comprenant hébergement, repas et safaris guidés, avec des tarifs à partir de 250 euros par nuit et par personne, voire beaucoup plus pour les adresses haut de gamme. Pour garder le contrôle de votre budget, alternez nuits en lodges de safari et étapes plus simples en auberge ou en B&B le long de la côte ou dans le Karoo. Avez-vous pensé à suivre vos dépenses au jour le jour dans un simple tableau ou une application mobile ? Cette habitude évite les mauvaises surprises en fin de voyage.

Circuit côtier de la garden route : de hermanus à tsitsikamma

Considérée comme l’une des plus belles routes panoramiques au monde, la Garden Route s’étire le long de la côte sud entre Mossel Bay et la région de Tsitsikamma. Cet itinéraire côtier est l’occasion idéale de combiner plages, forêts indigènes, villages de pêcheurs et activités de plein air. Pour beaucoup de voyageurs, c’est la partie la plus « facile » d’un road trip en Afrique du Sud : distances raisonnables, route en excellent état et offre d’hébergements très diversifiée.

Observation des baleines franches australes à hermanus et walker bay

Hermanus, sur les rives de Walker Bay, est considérée comme l’une des meilleures destinations au monde pour observer les baleines franches australes depuis la côte. Chaque année, entre juin et novembre, ces géants des mers viennent s’y reproduire et mettre bas dans les eaux relativement abritées de la baie. Le spectacle est souvent visible à l’œil nu depuis les falaises, sans même monter sur un bateau, ce qui en fait une activité particulièrement adaptée aux familles.

Les sentiers littoraux balisés d’Hermanus permettent de se déplacer facilement entre différents points de vue, chacun offrant une perspective différente sur la baie. Des panneaux d’information expliquent le comportement des cétacés, leur cycle de vie et les menaces qui pèsent sur eux. Pour une expérience plus immersive, des sorties en mer sont organisées par des opérateurs agréés, avec des bateaux limités en capacité afin de réduire l’impact sur la faune. Ces croisières durent généralement entre deux et trois heures et respectent des distances minimales d’approche définies par la réglementation sud-africaine.

Plus à l’est, de petites localités comme De Kelders ou Gansbaai offrent des alternatives plus tranquilles à Hermanus, avec moins de monde mais des chances d’observation similaires. La période la plus propice se situe entre août et octobre, lorsque les mères et leurs baleineaux s’attardent dans la baie. Le bruit sourd d’une queue frappant la surface ou le souffle puissant d’un cétacé à la surface de l’eau restent des souvenirs marquants pour tout voyageur amoureux de nature. Un peu comme un safari marin, chaque sortie est différente et réserve son lot de surprises.

Dégustation de vins dans les domaines viticoles de stellenbosch et franschhoek

Avant ou après votre passage à Hermanus, un détour par les vignobles de Stellenbosch et Franschhoek s’impose pour compléter votre road trip par une parenthèse œnologique. Ces vallées fertiles, situées à moins d’une heure de route du Cap, concentrent une grande partie des domaines viticoles sud-africains les plus renommés. Les routes serpentent entre rangées de vignes parfaitement alignées, fermes historiques de style cape-dutch et montagnes escarpées formant un décor de carte postale.

La plupart des domaines proposent des wine tastings à la carte, avec la possibilité de découvrir plusieurs cépages emblématiques du pays, comme le pinotage, le chenin blanc ou le cabernet sauvignon. Les dégustations sont souvent accompagnées de plateaux de fromages ou de charcuteries locales, voire de menus gastronomiques dans les propriétés les plus prestigieuses. Conduire après une dégustation nécessite cependant de rester vigilant : alterner les rôles de conducteur désigné ou opter pour une visite guidée avec chauffeur reste la meilleure option pour profiter sereinement de l’expérience.

Franschhoek, fondée par les huguenots français au XVIIe siècle, conserve une atmosphère de village européen avec ses restaurants raffinés, ses galeries d’art et ses guest houses de charme. Le Wine Tram, un tramway touristique traversant plusieurs domaines, permet de découvrir les vignobles sans voiture, en montant et descendant librement à chaque arrêt. Stellenbosch, de son côté, est une ville universitaire animée, idéale pour flâner entre cafés, librairies et boutiques de design. Un séjour de deux ou trois nuits dans la région des vins s’insère parfaitement dans un itinéraire entre Le Cap, Hermanus et la Garden Route.

Activités d’aventure au parc national de tsitsikamma et bloukrans bridge

Point d’orgue oriental de la Garden Route, le parc national de Tsitsikamma est un paradis pour les amateurs de randonnée, de kayak de mer et de sensations fortes. Cette portion de littoral protégée, recouverte de forêts indigènes épaisses, est traversée par le célèbre sentier de l’Otter Trail, l’un des treks côtiers les plus réputés du pays. Même sans s’engager sur plusieurs jours, vous pouvez emprunter des sections plus courtes permettant de découvrir ponts suspendus, piscines naturelles et falaises abruptes plongeant dans l’océan Indien.

Les passerelles emblématiques du Storms River Mouth offrent des vues spectaculaires sur l’embouchure encaissée de la rivière. De nombreux voyageurs choisissent de compléter la promenade par une sortie en kayak ou en bateau pneumatique, remontant la gorge étroite à la rencontre des cormorans et des singes samangos. Les infrastructures d’accueil du parc, incluant un restaurant, un camping et des chalets en bord de mer, facilitent l’organisation d’un séjour de une à deux nuits, particulièrement apprécié après plusieurs jours de route.

À quelques kilomètres à l’ouest, le Bloukrans Bridge est devenu une étape mythique pour les amateurs de sports extrêmes. Le pont, perché à 216 mètres au-dessus de la rivière Bloukrans, abrite l’un des sauts à l’élastique commerciaux les plus hauts du monde. S’élancer dans le vide depuis cette structure monumentale n’est évidemment pas obligatoire pour apprécier le lieu : les moins téméraires peuvent se contenter d’observer les sauts depuis la plateforme ou de traverser le pont à pied pour admirer le panorama. Un peu comme au sommet de la Table Mountain, chacun gère sa dose d’adrénaline à sa manière.

Hébergement en guest houses et lodges le long de la côte de mossel bay

Mossel Bay, Knysna, Wilderness ou encore Plettenberg Bay sont autant d’étapes possibles pour structurer votre progression le long de la Garden Route. La région se distingue par la diversité et la qualité de son offre d’hébergement : petites guest houses familiales avec vue sur l’océan, lodges nichés dans les dunes, chalets en bois à flanc de colline ou hôtels plus classiques pour ceux qui recherchent davantage de services. Les prix restent globalement accessibles, avec un très bon rapport qualité-prix en dehors des périodes de vacances sud-africaines.

Les guest houses, souvent gérées par des couples de propriétaires investis, offrent un accueil personnalisé et de précieux conseils sur les activités à faire dans les environs. Petit-déjeuner copieux, aide pour réserver une croisière aux phoques ou une sortie en mer, recommandations de restaurants : ce type d’établissement convient particulièrement bien aux familles et aux voyageurs à la recherche de convivialité. Les lodges situés à l’écart des centres-villes, parfois accessibles par des pistes courtes mais non goudronnées, plongent quant à eux les visiteurs dans une atmosphère plus sauvage.

Pour optimiser votre itinéraire, prévoyez au moins trois à quatre nuits réparties entre Hermanus, la région de Knysna/Wilderness et Tsitsikamma. Cette durée permet de concilier temps de route raisonnables et moments de détente, sans donner l’impression de « courir » d’un point à un autre. En haute saison, il est vivement recommandé de réserver vos hébergements plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance, en particulier pour les établissements situés au bord de l’eau ou dans les parcs nationaux.

Exploration des massifs montagneux du drakensberg et des cederberg

Quitter la côte pour s’enfoncer dans les massifs montagneux du Drakensberg et des Cederberg, c’est découvrir une autre facette saisissante de l’Afrique du Sud. Ces deux chaînes, très différentes dans leur géologie comme dans leur climat, offrent des paysages parmi les plus spectaculaires du pays. Le Drakensberg, au KwaZulu-Natal, se caractérise par ses amphithéâtres basaltiques vertigineux et ses plateaux d’altitude, tandis que les Cederberg, au nord du Cap, déploient un univers minéral ocre et rouge sculpté par l’érosion.

Dans le Drakensberg, les randonneurs trouvent des itinéraires pour tous les niveaux, depuis les promenades familiales le long des rivières jusqu’aux ascensions exigeantes vers le plateau du Lesotho par le Sani Pass. La région est également célèbre pour ses milliers de peintures rupestres réalisées par les San, peuple de chasseurs-cueilleurs qui occupa ces montagnes pendant des millénaires. Des guides locaux proposent des visites encadrées de ces sites, permettant d’aborder à la fois l’aspect artistique et l’histoire tragique de cette communauté confrontée à la colonisation.

Les Cederberg, plus arides, séduisent par leur atmosphère de bout du monde, avec des formations rocheuses aux silhouettes étranges, des vignobles d’altitude et des nuits d’une pureté exceptionnelle pour l’observation des étoiles. Les routes sinueuses, parfois en terre, exigent une conduite prudente mais récompensent les voyageurs par des vues à couper le souffle sur des vallées isolées. Ici, la densité de population est très faible, ce qui renforce le sentiment de déconnexion totale que l’on vient souvent chercher lors d’un road trip en Afrique australe.

Safari dans les réserves du greater kruger et provinces limitrophes

Pour beaucoup de voyageurs, un road trip en Afrique du Sud ne serait pas complet sans quelques jours de safari. Le complexe du Greater Kruger, qui englobe le parc national du même nom et plusieurs réserves privées attenantes, représente l’une des plus vastes zones de conservation d’Afrique. La diversité des paysages et des biotopes y permet d’observer une faune d’une richesse exceptionnelle, depuis les Big Five jusqu’aux oiseaux rares et aux espèces plus discrètes comme les lycaons.

Réserve privée de sabi sands et observation des big five

Sabi Sands est probablement la réserve privée la plus célèbre bordant le parc Kruger. Dépourvue de clôtures avec le parc national, elle bénéficie de la même faune abondante tout en offrant une expérience plus exclusive, grâce à un nombre limité de véhicules par observation et à des règles strictes de conduite hors piste. Les chances d’y voir les Big Five (lion, léopard, buffle, rhinocéros et éléphant) en quelques sorties sont particulièrement élevées, notamment pour le léopard qui y est étonnamment confiant.

Les lodges de Sabi Sands fonctionnent en général sur une base full inclusive : hébergement, repas, safaris matin et soir accompagnés de rangers expérimentés, ainsi que parfois des activités complémentaires (marches guidées, apéritifs dans le bush, observation des étoiles). Le coût de ces séjours est conséquent, mais il inclut un niveau de service très élevé et une intimité difficile à retrouver dans les camps publics. Pour un premier voyage en Afrique du Sud, consacrer deux ou trois nuits à Sabi Sands peut constituer le temps fort d’un itinéraire centré sur la nature et la photographie animalière.

Durant les safaris, les rangers partagent généreusement leurs connaissances sur le comportement des animaux, la gestion des réserves privées et les enjeux de conservation. On comprend rapidement que chaque observation est le résultat d’un savant mélange de pistage, de patience et de respect des distances. Un peu comme lors d’une partie d’échecs, chaque mouvement du véhicule est pensé pour minimiser le dérangement, permettre aux animaux de conserver le contrôle de la situation et garantir la sécurité de tous.

Parc national kruger : camps de repos et circuits self-drive

Le parc national Kruger, plus accessible financièrement, est idéal pour un safari en autonomie (self-drive). Son réseau routier bien entretenu, composé de routes goudronnées et de pistes de gravier, permet à un véhicule « classique » de circuler sans difficulté sur la majorité des tronçons. Les nombreux camps de repos, du simple rest camp aux bungalows plus confortables, servent de base pour explorer différentes zones du parc, chacune avec ses particularités en termes de paysage et d’espèces observables.

Les voyageurs organisent généralement leur journée en alternant sorties matinales, lorsque les températures sont fraîches et les animaux actifs, et siestes aux heures les plus chaudes dans l’enceinte des camps, souvent équipés de piscines. Les barrières ferment à heure fixe, variable selon la saison, ce qui impose de bien gérer les temps de parcours pour revenir à temps. Avez-vous déjà imaginé vous retrouver à quelques minutes de la grille, alors qu’un troupeau d’éléphants bloque la route ? Ce type de situation, aussi amusante qu’un peu stressante, fait partie du charme du Kruger.

Pour optimiser vos chances d’observation, renseignez-vous chaque soir auprès du panneau de signalement des animaux vu dans la journée par les autres visiteurs. Ces cartes participatives, affichées dans la plupart des camps, permettent d’identifier les secteurs où lions, guépards ou lycaons ont été aperçus récemment. Gardez cependant à l’esprit qu’aucune observation n’est garantie et que la magie d’un safari réside précisément dans ce mélange d’imprévu et d’attente.

Réserve de timbavati et phénomène des lions blancs

Moins médiatisée que Sabi Sands mais tout aussi passionnante, la réserve privée de Timbavati est notamment connue pour abriter, de manière naturelle, une population de lions blancs. Contrairement à certaines croyances, il ne s’agit pas d’albinisme mais d’une mutation génétique récessive, la leucisme, qui éclaircit la robe de ces félins sans affecter la couleur de leurs yeux. Les lions blancs de Timbavati ont acquis une aura presque mythique et symbolisent pour beaucoup la singularité de cette région du Greater Kruger.

Tout comme à Sabi Sands, les lodges de Timbavati proposent des safaris guidés au lever et au coucher du soleil, avec la possibilité de suivre les pistes à travers différents habitats : savane arborée, lits de rivières asséchées, zones de buissons denses. La réserve accorde une grande importance à la recherche scientifique et à la préservation des écosystèmes, en limitant notamment la densité de véhicules et en collaborant avec des biologistes spécialisés. Observer un lion blanc en liberté reste un privilège rare, qui rappelle la richesse génétique de la faune africaine.

Au-delà de ce phénomène spectaculaire, Timbavati offre des expériences de safari d’une grande qualité, avec des rencontres fréquentes avec les éléphants, les rhinocéros et une abondance impressionnante d’antilopes et de girafes. En combinant quelques nuits dans cette réserve avec un passage par le Kruger public, vous découvrirez deux approches complémentaires de la conservation et du tourisme animalier en Afrique du Sud.

Blyde river canyon et formations géologiques des three rondavels

À la sortie occidentale du Greater Kruger, le Blyde River Canyon constitue une transition spectaculaire entre les plaines du Lowveld et les hauts plateaux du Mpumalanga. Long d’environ 26 kilomètres, ce canyon verdoyant, entaillé dans les roches de grès rouges, est souvent présenté comme le troisième plus grand canyon du monde. Plusieurs belvédères aménagés le long de la route panoramique permettent d’en admirer les méandres, dont le plus célèbre, Three Rondavels, doit son nom à trois promontoires rocheux rappelant la forme des huttes traditionnelles.

Les formations géologiques visibles dans le secteur témoignent de millions d’années d’érosion, de dépôts sédimentaires et de mouvements tectoniques. Les Bourke’s Luck Potholes, marmites circulaires creusées par les tourbillons d’eau, illustrent particulièrement bien la puissance des forces naturelles à l’œuvre. Des chemins balisés et des ponts permettent de s’approcher au plus près de ces curiosités, tout en garantissant la sécurité des visiteurs. Dans ce décor quasi cinématographique, on se sent parfois minuscule face à la démesure du paysage.

De nombreux itinéraires de randonnée, plus ou moins techniques, explorent les environs du canyon et des chutes d’eau voisines. Il est possible de voir cette étape comme une simple halte « points de vue » entre le Kruger et Johannesburg, ou de lui consacrer une nuit sur place pour profiter pleinement des lumières du lever ou du coucher de soleil. Lorsque la brume matinale se lève doucement sur les parois abruptes, la Blyde River apparaît alors comme un ruban scintillant au fond de la vallée, offrant un tableau dont on se souvient longtemps.

Immersion culturelle dans les townships et villages traditionnels

Au-delà des paysages grandioses et des safaris, un road trip en Afrique du Sud est aussi l’occasion d’aborder l’histoire complexe et la richesse culturelle du pays. Les visites de townships comme Soweto près de Johannesburg ou Langa au Cap permettent de mieux comprendre l’héritage de l’apartheid, les luttes pour la liberté et les réalités contemporaines de la société sud-africaine. Ces excursions, lorsqu’elles sont encadrées par des guides locaux qualifiés, offrent un regard nuancé, loin des clichés, sur la vie quotidienne des habitants.

Les circuits incluent souvent la découverte de lieux emblématiques comme la maison de Nelson Mandela, l’Hector Pieterson Memorial ou les églises qui jouèrent un rôle central dans la mobilisation anti-apartheid. On y rencontre aussi de jeunes entrepreneurs, des artistes et des associations engagées dans le développement social. Loin d’un « safari humain », ces visites se veulent participatives, avec des échanges véritables et la possibilité de soutenir des initiatives locales par l’achat d’artisanat ou de repas préparés par des coopératives de femmes.

Dans les zones rurales, notamment au KwaZulu-Natal ou dans le Limpopo, des villages traditionnels zoulou, ndebele ou venda accueillent les voyageurs désireux de découvrir l’architecture, les rituels et les arts de ces communautés. Certaines structures se sont professionnalisées pour proposer des expériences respectueuses, incluant hébergement en rondavels, démonstrations de danses, cours de perlage ou de peinture murale. Comme toujours, il est préférable de privilégier les projets gérés ou co-gérés par les communautés elles-mêmes, afin que les retombées économiques bénéficient directement aux habitants.

Conseils pratiques de conduite et sécurité routière en afrique australe

La conduite en Afrique du Sud et, plus largement, en Afrique australe, demande une vigilance constante, mais elle reste tout à fait accessible pour peu que l’on respecte quelques règles simples. La première consiste à éviter, autant que possible, de rouler de nuit en dehors des grandes agglomérations : animaux domestiques, piétons, véhicules mal éclairés ou nids-de-poule deviennent alors des sources de danger accrues. En journée, respecter les limitations de vitesse et garder une distance de sécurité importante est essentiel, surtout sur les axes fréquentés par les poids lourds.

Les stations-service sont nombreuses sur les grands axes, mais il est prudent de faire le plein dès que le réservoir descend sous la moitié, en particulier dans le Karoo, les Cederberg ou certaines portions du Northern Cape. La plupart des pompes sont en service assisté : un employé remplit le réservoir, nettoie le pare-brise et vérifie parfois la pression des pneus. Un petit pourboire est alors d’usage. Gardez toujours un peu de liquide à portée de main pour ces situations, ainsi que pour les gardiens de parking informels dans les villes.

Sur le plan de la sécurité personnelle, les règles de bon sens s’appliquent : ne laissez rien de visible dans l’habitacle, verrouillez systématiquement les portes, surtout dans les bouchons, et privilégiez les parkings surveillés. Dans les centres-villes que vous ne connaissez pas, évitez de vous engager au hasard dans les quartiers périphériques et fiez-vous aux recommandations de votre hébergeur ou de votre agence locale. En cas de contrôle de police, restez calme, présentez vos documents et répondez poliment aux questions, la plupart des interactions se déroulant sans difficulté.

Enfin, n’oubliez pas que la route fait partie intégrante de l’expérience de voyage. Prendre le temps d’observer les paysages qui défilent, de s’arrêter dans un farm stall pour goûter un plat typique ou d’échanger quelques mots avec un pompiste fait autant partie du plaisir que l’arrivée à destination. Un road trip en Afrique du Sud, entre océan, montagne et savane, est un voyage où le chemin compte presque autant que le but, à condition de l’aborder avec préparation, curiosité et respect des réalités locales.