L’Australie Occidentale demeure l’une des destinations les plus sauvages et préservées de la planète, un territoire immense où la nature règne encore en maître absolu. Avec ses milliers de kilomètres de côtes vierges, ses parcs nationaux monumentaux et ses écosystèmes marins parmi les plus riches au monde, cette région offre une expérience authentique loin des circuits touristiques classiques. Entre plages secrètes bordées de sable d’une blancheur immaculée, gorges millénaires sculptées dans la roche rouge et récifs coralliens grouillant de vie, l’Ouest australien se révèle comme un sanctuaire pour les amoureux de la nature brute. Cette immensité sauvage, trois fois plus grande que la France, abrite une biodiversité exceptionnelle et des paysages d’une beauté saisissante qui ne demandent qu’à être explorés par les voyageurs en quête d’aventure et d’authenticité.
Ningaloo reef et coral bay : écosystèmes marins préservés du cape range
Le Ningaloo Reef s’impose comme l’une des merveilles naturelles les plus spectaculaires d’Australie Occidentale, un récif corallien s’étendant sur plus de 260 kilomètres le long de la côte du Cape Range. Contrairement à la Grande Barrière de Corail située sur la côte est, Ningaloo offre un accès direct depuis la plage, permettant aux visiteurs de nager parmi les coraux en quelques minutes seulement. Cette proximité exceptionnelle avec un écosystème marin aussi riche fait de cette région une destination privilégiée pour l’observation de la vie sous-marine dans son habitat naturel. Le récif abrite plus de 500 espèces de poissons tropicaux, 300 espèces de coraux et une faune marine diversifiée incluant tortues, raies manta et dauphins.
La région de Coral Bay représente le point d’accès méridional au récif, une petite station balnéaire tranquille où l’on peut littéralement marcher depuis la plage jusqu’aux jardins coralliens. Les eaux turquoise et cristallines offrent une visibilité exceptionnelle pouvant atteindre 30 mètres, créant des conditions idéales pour le snorkeling et la plongée. Les températures de l’eau oscillent entre 22 et 28 degrés selon les saisons, permettant une pratique confortable des activités nautiques tout au long de l’année. Cette accessibilité remarquable contraste avec le caractère préservé et sauvage des environs, où la densité de population reste extrêmement faible et où la nature conserve ses droits.
Snorkeling avec les requins-baleines de mars à juillet
Le Ningaloo Reef détient le privilège unique d’accueillir chaque année, entre mars et juillet, la plus grande concentration de requins-baleines au monde. Ces géants paisibles, pouvant mesurer jusqu’à 12 mètres de long, migrent vers ces eaux riches en plancton pour se nourrir. L’expérience de nager aux côtés de ces créatures majestueuses représente sans conteste l’un des moments les plus marquants que vous pourrez vivre lors d’un séjour en Australie Occidentale. Les opérateurs locaux, strictement réglementés, organisent des sorties en mer respectueuses de l’environnement, limitant le nombre de participants et maintenant une distance de sécurité avec les animaux. Les taux d’observation atteignent 95% pendant la haute saison, témoignant de la fiabilité exceptionnelle de ce phénomène naturel.
Au-delà des requins-baleines, ces excursions offrent
Au-delà des requins-baleines, ces excursions offrent également l’occasion de croiser des raies manta, des tortues vertes et imbriquées, ainsi que des bancs compacts de barracudas et de thons qui animent la colonne d’eau. La plupart des sorties combinent une matinée dédiée à la recherche des géants des mers grâce à un avion spotteur, puis plusieurs sessions de snorkeling sur des récifs coralliens protégés. Pour profiter pleinement de cette expérience, il est recommandé de réserver plusieurs mois à l’avance, la haute saison affichant souvent complet. Pensez aussi à vérifier les conditions météorologiques et l’état de la mer : même si les croisières sont bien encadrées, une houle forte peut rendre la journée plus fatigante. Munissez-vous enfin d’une combinaison légère ou d’un lycra anti-UV, indispensable pour rester de longues heures dans une eau très ensoleillée.
Turquoise bay et son drift snorkeling naturel
Turquoise Bay, située dans le parc national de Cape Range à proximité d’Exmouth, est souvent citée parmi les plus belles plages d’Australie Occidentale, voire du pays tout entier. Son sable d’un blanc éclatant et ses eaux d’un bleu laiteux forment une véritable carte postale, mais c’est sous la surface que se révèle son atout majeur : un courant naturel qui permet de pratiquer le « drift snorkeling ». En vous laissant porter par le flux parallèle à la plage, vous survolez sans effort des jardins coralliens intacts où évoluent poissons-anges, poissons-perroquets, demoiselles et parfois de paisibles tortues vertes. Cette dérive douce procure la sensation de flotter au-dessus d’un aquarium géant, sans autre bruit que votre respiration dans le tuba.
Cependant, ce drift snorkeling à Turquoise Bay exige de respecter quelques consignes de sécurité précises. Le courant peut être puissant par endroits, en particulier près de la pointe de la baie, et il est essentiel de toujours dériver vers la plage et non vers le large. Les autorités locales déconseillent cette activité aux nageurs débutants ou peu à l’aise en mer agitée. Sur place, des panneaux détaillent les zones recommandées pour entrer et sortir de l’eau, ainsi que les conditions du jour. En restant vigilant, vous profiterez d’une expérience immersive remarquable, à quelques mètres seulement du rivage, sans avoir besoin de bateau ni de long trajet en mer.
Osprey bay : refuge isolé accessible uniquement en 4×4
À l’écart des spots les plus fréquentés, Osprey Bay s’adresse aux voyageurs en quête de tranquillité et d’aventure, prêts à s’éloigner de l’asphalte. Accessible uniquement via une piste non goudronnée, cette baie sauvage bordée de falaises basses et de plages de sable grossier constitue un refuge privilégié pour la faune marine et les oiseaux de mer. Les campeurs apprécient particulièrement la possibilité de s’installer à quelques mètres seulement de l’eau, avec une vue dégagée sur le récif frangeant et les couchers de soleil flamboyants. Ici, le contact avec la nature est total : pas de commerces, peu de réseau téléphonique et une obscurité quasi absolue la nuit, idéale pour observer la Voie lactée.
Pour rejoindre Osprey Bay en toute sécurité, un véhicule 4×4 est fortement recommandé, surtout après des épisodes de pluie qui peuvent dégrader la piste. Il est essentiel de prévoir suffisamment d’eau, de nourriture et de carburant, car vous ne trouverez aucun service sur place. Les emplacements de camping doivent être réservés à l’avance via le système des parcs nationaux, particulièrement en haute saison (avril à octobre). Une fois installé, vous aurez tout le loisir d’explorer les récifs peu profonds à la palme, ou simplement d’observer les ballets des balbuzards pêcheurs et des tortues venant respirer en surface. Osprey Bay est l’exemple même de ces coins de nature brute qui font la réputation de l’Australie Occidentale.
Récifs coralliens frangeants et biodiversité endémique
Le Ningaloo Reef est un récif corallien frangeant, c’est-à-dire qu’il se développe à quelques dizaines de mètres seulement du littoral, à l’inverse des récifs barrières situés en pleine mer. Cette configuration unique permet une interaction directe entre la côte et le monde sous-marin, tout en limitant l’impact des activités humaines grâce à des mesures de protection strictes. Les coraux durs et mous forment de véritables forêts minérales où se cachent nudibranches, poissons-lions, murènes et une multitude de petites créatures souvent ignorées des plongeurs pressés. Plus de 50 % des espèces de coraux recensées dans l’océan Indien sont présentes sur ce récif, ce qui en fait un laboratoire vivant pour les scientifiques et un terrain d’exploration inépuisable pour les passionnés.
Cette richesse biologique s’explique en partie par la rencontre de courants chauds tropicaux et de remontées d’eaux plus froides et riches en nutriments le long de la côte ouest. On peut comparer Ningaloo à une grande autoroute de la vie marine, où tortues, dugongs, dauphins, requins et poissons pélagiques transitent au fil des saisons. Pour minimiser votre impact lors de vos sorties, adoptez quelques réflexes simples : ne jamais toucher les coraux, utiliser une crème solaire « reef safe » sans oxybenzone, éviter de poursuivre les animaux et garder une distance respectueuse avec les tortues et raies manta. Ainsi, chacun contribue à préserver ce joyau de l’Australie Occidentale pour les générations futures.
Plages sauvages de la péninsule de dampier et archipel des recherche
Plus au sud, l’archipel de la Recherche et la péninsule de Dampier (côté Esperance) dévoilent un autre visage de l’Australie Occidentale : celui d’un littoral granitique sculpté par les vents, bordé de plages de sable blanc parmi les plus lumineux au monde. Ici, la mer Australienne prend des teintes turquoise presque irréelles, tranchant avec le gris rosé des blocs de granit polis par les vagues. Les îlots inhabités et les longues bandes de sable désertes offrent une impression d’isolement total, même en haute saison. Ces paysages grandioses, souvent comparés à ceux des Seychelles ou des Caraïbes, restent pourtant beaucoup moins fréquentés.
La région d’Esperance constitue la porte d’entrée principale vers ces plages sauvages. De là, une route panoramique, la Great Ocean Drive, permet de rejoindre facilement plusieurs criques d’exception, tandis qu’un court trajet en bateau donne accès aux îles de l’archipel de la Recherche. La faune y est omniprésente : dauphins, otaries, oiseaux marins et, en saison, baleines franches australes viennent animer un littoral pourtant quasi vierge de constructions. Pour ceux qui rêvent d’un séjour en Australie Occidentale centré sur la plage sans renoncer au sentiment d’isolement, Esperance et ses environs représentent un compromis idéal.
Lucky bay et ses kangourous sur sable blanc d’esperance
Lucky Bay, au cœur du parc national de Cape Le Grand, s’est imposée comme l’une des images emblématiques de l’Australie Occidentale : celle de kangourous se reposant sur un sable si blanc qu’il crisse sous les pas. Cette baie parfaitement courbe, bordée de collines granitiques douces, offre une eau turquoise extrêmement translucide, souvent calme et peu profonde. Les kangourous gris de l’Ouest y descendent régulièrement, surtout tôt le matin et en fin d’après-midi, pour profiter de la fraîcheur relative et du sel apporté par les embruns. Pour les photographes, difficile d’imaginer décor plus photogénique.
Si la rencontre avec ces marsupiaux constitue un moment fort, il est essentiel de rappeler qu’il s’agit d’animaux sauvages qu’il ne faut ni nourrir ni approcher de trop près. Gardez quelques mètres de distance, laissez-les venir à vous le cas échéant, et évitez les gestes brusques. Lucky Bay est également un excellent point de départ pour des randonnées sur la côte, que ce soit vers Thistle Cove ou Hellfire Bay via le Cape Le Grand Coastal Trail. Le camping attenant, très prisé, permet de passer la nuit presque les pieds dans l’eau, mais il doit impérativement être réservé en ligne plusieurs mois à l’avance en haute saison.
Twilight beach : formations granitiques et eaux turquoise
À quelques minutes seulement du centre d’Esperance, Twilight Beach (ou Twilight Cove) séduit par son mélange de douceur et de spectacle naturel. La plage, large et légèrement incurvée, est bordée d’énormes rochers de granit aux formes arrondies, posés dans une eau turquoise d’une limpidité remarquable. Ces blocs rocheux font office de brise-lames naturels, créant des zones abritées où les familles viennent se baigner en toute relative sécurité. Élue à plusieurs reprises « plage préférée des Australiens », Twilight Beach représente un arrêt incontournable sur la Great Ocean Drive.
La lumière de fin d’après-midi y est particulièrement spectaculaire : le granit rosit, la mer se teinte de nuances laiteuses, et le ciel se pare d’orangé, justifiant pleinement le nom de « Twilight ». Pour profiter du site sans la foule, privilégiez les matinées en semaine, surtout en plein été austral. Même si la baignade est tentante, gardez à l’esprit que l’océan Austral reste frais et que les courants peuvent être puissants au-delà des zones protégées. Un simple masque et un tuba suffisent pour explorer les abords rocheux, où se cachent poissons colorés, algues et parfois de petites raies.
Hellfire bay : randonnée côtière et baignade en eaux cristallines
Hellfire Bay, toujours dans le parc national de Cape Le Grand, est souvent décrite comme la petite sœur plus sauvage de Lucky Bay. Enserrée entre deux promontoires granitiques, cette plage en forme de croissant offre un sable blanc presque fluorescent et une eau d’un bleu intense qui contraste avec les rochers lissés par le temps. Moins fréquentée que sa célèbre voisine, elle séduit ceux qui recherchent un cadre plus intimiste et un contact direct avec la nature. Les journées sans vent, la baie se transforme en piscine naturelle, idéale pour nager ou simplement flotter en observant les nuages glisser au-dessus des collines.
Hellfire Bay constitue aussi un point d’étape stratégique sur le Cape Le Grand Coastal Trail, qui relie plusieurs plages d’exception. La section de randonnée entre Hellfire Bay et Thistle Cove, d’environ 3 kilomètres aller-retour, figure parmi les plus belles de la région. Le sentier ondule au-dessus de l’océan, offrant des points de vue plongeants sur les criques, les dômes granitiques et, au loin, les îles de l’archipel de la Recherche. Prévoyez de bonnes chaussures, de l’eau en quantité et une protection solaire efficace : même par temps couvert, la réverbération sur le sable et la roche peut surprendre.
Thistle cove et observatory point : spots de plongée confidentiels
Moins connue que Lucky Bay ou Twilight Beach, Thistle Cove n’en demeure pas moins un joyau discret réservé aux voyageurs prêts à marcher un peu. Cette anse profonde, bordée de rochers arrondis et de blocs de granit aux teintes rosées, est réputée pour ses jeux de lumière et son ambiance presque méditative. Un phénomène particulier intrigue souvent les visiteurs : lorsque le vent s’engouffre dans certaines formations rocheuses, un sifflement se fait entendre, comme si la baie elle-même murmurait. Les eaux claires, souvent abritées, en font un excellent spot pour le snorkeling, à condition de surveiller les conditions de mer.
Un peu plus loin sur la Great Ocean Drive, Observatory Point offre un tout autre type d’expérience : celle d’un belvédère naturel dominant l’océan Austral. De ce promontoire battu par les vents, on bénéficie d’une vue panoramique sur les falaises, les plages voisines et, en saison (juin à octobre), le passage des baleines en migration. Les plongeurs confirmés et les apnéistes considèrent les environs comme des spots prometteurs, mais la météo changeante et la force de la houle exigent une préparation sérieuse et, idéalement, la compagnie de guides locaux expérimentés. Pour la majorité des voyageurs, la simple contemplation des vagues s’écrasant sur les rochers suffit à mesurer la puissance brute de cette côte australe.
Karijini national park : gorges millénaires et piscines naturelles d’eau douce
Au cœur de la région minière du Pilbara, à plus de 1 400 kilomètres au nord de Perth, le parc national de Karijini dévoile un visage radicalement différent de l’Australie Occidentale côtière. Ici, plus de plages, mais des plateaux rouges entaillés de gorges profondes, de cascades saisonnières et de piscines naturelles aux eaux émeraude. Ces formations géologiques, vieilles de plus de 2,5 milliards d’années, racontent une histoire de plissements, d’érosions et de changements climatiques successifs. Pour les randonneurs et amateurs de nature brute, Karijini représente l’un des sommets d’un séjour en Australie Occidentale.
Le parc offre une grande variété de sentiers, allant de balades accessibles le long des bords de gorge à de véritables parcours d’aventure nécessitant escalade facile, passages dans l’eau et prudence accrue. La plupart des piscines naturelles restent fraîches toute l’année, procurant un contraste bienvenu avec la chaleur souvent écrasante du Pilbara. La meilleure période pour visiter Karijini s’étend d’avril à septembre, pendant la « saison sèche », lorsque les températures sont plus supportables et les risques de crues soudaines moindres. En dehors de cette fenêtre, certaines pistes et gorges peuvent être fermées pour des raisons de sécurité.
Hancock gorge et son parcours d’escalade aquatique technique
Hancock Gorge est souvent décrite comme l’une des expériences les plus intenses de Karijini, réservée aux randonneurs à l’aise avec les passages techniques. Après une descente raide le long des parois rocheuses, on pénètre dans un canyon étroit où l’eau occupe parfois tout le fond de la gorge. Le parcours, classé comme difficile, impose de marcher dans des couloirs d’eau glacée, de progresser en « spider walk » (dos contre un mur, pieds contre l’autre) et de franchir des sections glissantes. L’effort est réel, mais la récompense est à la hauteur : des vasques polies par le temps, des parois striées de rouge et d’ocre, et une atmosphère presque irréelle.
Pour aborder Hancock Gorge en toute sécurité, il est indispensable de porter des chaussures avec une excellente adhérence, idéalement fermées et adaptées à la marche aquatique. Évitez d’emporter du matériel non étanche ou encombrant, car vous aurez parfois besoin de vos mains pour vous hisser ou vous stabiliser. Les autorités du parc déconseillent fortement la descente en cas de pluie, même éloignée, en raison du risque de montée rapide des eaux. Si vous hésitez sur votre niveau, vous pouvez commencer par des gorges plus accessibles, comme Dales Gorge, avant de vous lancer dans cette aventure plus technique.
Fortescue falls et fern pool : oasis permanentes du pilbara
À l’opposé de l’ambiance sportive de Hancock Gorge, Fortescue Falls et Fern Pool offrent une expérience plus contemplative, accessible à un plus large public. Situées dans Dales Gorge, ces deux oasis permanentes sont alimentées par des sources souterraines, ce qui leur permet de couler même au plus fort de la saison sèche. Fortescue Falls se présente comme une cascade en terrasses descendant le long de strates rocheuses, se jetant dans un bassin profond où l’on peut se baigner. Le cadre, entouré de falaises rouge foncé et de végétation contrastée, illustre à merveille l’esthétique caractéristique de Karijini.
Quelques centaines de mètres plus loin, Fern Pool ajoute une touche presque tropicale à ce paysage semi-aride. Des fougères luxuriantes, des arbres aux racines plongeant dans l’eau et une petite cascade créent une atmosphère paisible propice à la détente. Les communautés aborigènes locales considèrent ce lieu comme sacré, et il est recommandé de s’y baigner en silence, par respect pour sa dimension spirituelle. Pour profiter au mieux de ces sites, arrivez tôt le matin ou en fin d’après-midi, lorsque la lumière rasante magnifie les couleurs des parois rocheuses et que la fréquentation est plus faible.
Weano gorge et handrail pool : canyoning en milieu semi-aride
Weano Gorge constitue un autre grand classique de Karijini, avec plusieurs niveaux de difficulté permettant à chacun de trouver un itinéraire adapté. La partie inférieure, menant à Handrail Pool, attire particulièrement les amateurs d’adrénaline. Après une marche initiale relativement simple le long de la gorge, le sentier se transforme en un véritable parcours de canyoning : passages étroits, rochers glissants, sections à franchir avec l’aide d’une rampe métallique (d’où le nom « Handrail Pool ») et arrivée finale dans un bassin encaissé entouré de parois verticales. L’impression d’être minuscule au milieu de ce décor minéral est saisissante.
Comme pour Hancock Gorge, la prudence est de mise à Weano, notamment en ce qui concerne les prévisions météo et le niveau d’eau. Les Rangers du parc affichent régulièrement des informations actualisées à l’entrée des sentiers, qu’il est impératif de consulter. Un sac étanche pour protéger téléphone, appareil photo ou papiers peut s’avérer très utile, tout comme une veste légère pour limiter le choc thermique dans l’eau froide. Vous vous demandez si ces efforts valent la peine ? Une fois plongé dans la quiétude de Handrail Pool, entouré de parois rouges et d’un silence presque total, la réponse s’impose d’elle-même.
Quokka island et plages isolées de rottnest : patrimoine naturel protégé
Au large de Perth, à seulement 25 kilomètres de la côte, l’île de Rottnest (Wadjemup en langue aborigène) offre une escapade insulaire idéale pour compléter un séjour en Australie Occidentale. Réputée pour ses quokkas, petits marsupiaux au sourire photogénique, l’île abrite également plus de 60 plages et criques aux eaux turquoise. Interdite aux véhicules privés, Rottnest se découvre à vélo ou en navette, ce qui contribue à préserver son atmosphère paisible et son environnement fragile. Les paysages alternent entre baies abritées parfaites pour la baignade, lagons peu profonds propices au snorkeling et côtes battues par les vagues de l’océan Indien.
Les quokkas, autrefois confondus avec de gros rats par les premiers explorateurs hollandais, sont aujourd’hui devenus de véritables ambassadeurs de l’île. On les rencontre principalement près du village principal et le long des sentiers, surtout en fin de journée. Même si leur curiosité les pousse à s’approcher des visiteurs, il est essentiel de ne jamais les nourrir ni les toucher, sous peine de nuire à leur santé et d’encourir une amende. Rottnest est classée réserve A, l’un des plus hauts niveaux de protection environnementale en Australie Occidentale, ce qui implique une réglementation stricte visant à limiter l’impact du tourisme sur la faune et la flore.
Pour apprécier pleinement les plages isolées de Rottnest, mieux vaut s’éloigner des secteurs les plus proches du débarcadère et pédaler vers le sud ou l’ouest de l’île. Des baies comme Little Salmon Bay, Parakeet Bay ou encore Parker Point offrent des décors de carte postale, souvent avec une fréquentation modérée en dehors des week-ends et des vacances scolaires. Le snorkeling y est particulièrement intéressant, avec des herbiers marins, des récifs coralliens modestes mais préservés, et une grande diversité de poissons côtiers. Pensez à emporter suffisamment d’eau, de nourriture et de protection solaire, car les installations sont limitées en dehors du village principal et le soleil d’Australie Occidentale peut être intense, même au printemps.
Pistes 4×4 vers steep point et red bluff : accès aux plages vierges de shark bay
Plus au nord, la région de Shark Bay, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, combine lagons peu profonds, falaises calcaires et plateaux désertiques se jetant dans l’océan. Pour ceux qui voyagent en 4×4 et souhaitent pousser l’aventure un peu plus loin, deux destinations se distinguent : Steep Point et Red Bluff. Steep Point marque le point le plus occidental du continent australien, accessible uniquement par une longue piste de sable et de rocaille qui traverse des paysages arides spectaculaires. À l’arrivée, des falaises abruptes de plus de 200 mètres plongent dans une mer d’un bleu profond, offrant un spectacle à la fois grandiose et isolé.
Red Bluff, quant à elle, se situe un peu plus au nord, le long de la côte de Quobba. Ce promontoire rougeoyant abrite un campement rustique prisé des surfeurs et des amateurs de pêche au gros, qui viennent y chercher des vagues puissantes et des prises records. Les plages alentour, souvent accessibles seulement par des pistes sablonneuses, restent quasiment désertes la plupart de l’année. Se rendre à Steep Point et Red Bluff ne s’improvise pas : il faut un 4×4 correctement équipé, des réserves d’eau et de carburant suffisantes, ainsi qu’une bonne connaissance des marées et des conditions météorologiques. Mais pour ceux qui se sentent prêts, ces coins de littoral encore totalement préservés figurent parmi les plus impressionnants d’Australie Occidentale.
Cape le grand et cape arid : randonnées côtières en territoires wilderness
Enfin, pour clore un itinéraire en Australie Occidentale consacré aux plages secrètes et à la nature brute, difficile de ne pas évoquer le duo formé par Cape Le Grand et Cape Arid. Situés à l’est d’Esperance, ces deux parcs nationaux offrent des étendues de littoral quasi intactes, alternant entre plages de sable d’un blanc irréel, dunes couvertes de végétation basse et massifs granitiques aux formes arrondies. Cape Le Grand est le plus accessible des deux, avec des routes bitumées menant à Lucky Bay, Hellfire Bay et Frenchman Peak. Cape Arid, plus éloigné et moins fréquenté, s’adresse aux voyageurs déjà familiers des pistes, en quête de solitude et de grands espaces.
Les randonnées côtières sont ici l’un des meilleurs moyens de s’immerger dans ces territoires « wilderness ». Le Cape Le Grand Coastal Trail, par exemple, relie plusieurs plages emblématiques en une succession de montées douces, de passages sur le sable et de traversées de dalles granitiques offrant des vues panoramiques sur l’océan Austral. À Cape Arid, des sentiers plus sauvages mènent à des points de vue élevés, des baies isolées et des zones d’observation privilégiées pour les oiseaux migrateurs. L’absence de services sur de longues distances impose toutefois une préparation minutieuse : eau, nourriture, carte ou GPS, et vérification systématique des conditions d’accès auprès des autorités des parcs.
Ces deux parcs résument à eux seuls l’essence d’un séjour en Australie Occidentale : la sensation d’être minuscule face à l’immensité, la rencontre intime avec une nature encore largement indomptée, et la possibilité de vivre des expériences fortes loin des foules. Que vous soyez plutôt snorkeling avec les requins-baleines, baignades dans les piscines rocheuses de Karijini ou bivouac sur une plage battue par le vent, l’Ouest australien offre un terrain de jeu infini. Reste à choisir votre fil conducteur : l’océan, le désert, ou pourquoi pas les deux, reliés par ces pistes rouges qui traversent l’un des derniers grands espaces sauvages de la planète.