La Jordanie se dresse comme un véritable carrefour des civilisations au cœur du Moyen-Orient, offrant aux voyageurs une expérience unique où se mêlent histoire millénaire et paysages naturels d’une beauté saisissante. Ce royaume hachémite, souvent méconnu des circuits touristiques traditionnels, concentre sur un territoire relativement compact une diversité remarquable de sites archéologiques, de formations géologiques spectaculaires et d’écosystèmes contrastés. Du point le plus bas de la planète à la mer Morte jusqu’aux étendues désertiques du Wadi Rum, en passant par les façades nabatéennes de Petra taillées dans le grès rose, chaque région jordanienne révèle une facette différente de ce pays fascinant. L’hospitalité légendaire des Jordaniens, héritiers d’une tradition bédouine ancestrale, transforme chaque étape en une rencontre authentique avec une culture préservée. La période entre mars et mai, ainsi qu’entre septembre et novembre, offre les conditions climatiques idéales pour explorer ces merveilles, évitant ainsi les températures extrêmes de l’été désertique.
Petra : explorer la cité nabatéenne et ses monuments taillés dans le grès rose
Petra demeure sans conteste l’attraction majeure de la Jordanie, attirant chaque année plus de 800 000 visiteurs émerveillés par cette cité extraordinaire sculptée directement dans les falaises de grès multicolores. Capitale du royaume nabatéen entre le IVe siècle avant J.-C. et le Ier siècle après J.-C., cette métropole prospère contrôlait les routes commerciales reliant l’Arabie à la Méditerranée. Les Nabatéens, peuple de marchands et d’ingénieurs hydrauliques remarquables, ont développé un système sophistiqué de canaux et de citernes permettant de gérer l’eau dans cet environnement aride. L’inscription de Petra au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1985, suivie de sa désignation comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde en 2007, a confirmé son statut exceptionnel dans le patrimoine culturel de l’humanité.
Le siq et l’accès spectaculaire au trésor d’Al-Khazneh
L’approche de Petra commence par une marche inoubliable à travers le Siq, un canyon naturel de 1 200 mètres de longueur dont les parois s’élèvent parfois jusqu’à 80 mètres de hauteur. Ce corridor géologique, résultat de mouvements tectoniques anciens, se rétrécit par endroits à seulement 3 mètres de largeur, créant des jeux d’ombre et de lumière spectaculaires. Les visiteurs attentifs remarqueront les vestiges du système hydraulique nabatéen le long des parois, témoignage de l’ingéniosité de ce peuple dans la gestion de l’eau. Au sortir du Siq, la vue sur Al-Khazneh, le Trésor, constitue l’un des moments les plus saisissants du voyage. Cette façade monumentale de 40 mètres de hauteur et 25 mètres de largeur, sculptée avec une précision remarquable dans le grès rose, révèle l’influence hellénistique sur l’architecture nabatéenne. Contrairement à la croyance populaire suggérée par son nom, il s’agit en réalité d’un tombeau royal datant du Ier siècle après J.-C., probablement celui du roi Arétas IV.
L’ascension vers le monastère Ad-Deir et ses 800 marches
Le Monast
ère Ad-Deir se mérite au terme d’une ascension d’environ 800 marches taillées dans la roche, que l’on parcourt en 45 minutes à 1 heure selon son rythme. Le sentier, bien balisé mais parfois irrégulier, serpente entre les parois de grès et offre, au fil de la montée, des points de vue de plus en plus vastes sur la vallée environnante. Arrivé au sommet, le visiteur découvre l’imposante façade du Monastère, large de près de 50 mètres, dont les colonnes massives et la couronne centrale rappellent la monumentalité du Trésor tout en affirmant un style plus austère. Utilisé à l’époque byzantine comme lieu de culte chrétien, Ad-Deir témoigne de la stratification religieuse du site de Petra. Pour profiter pleinement de ce lieu spectaculaire, il est conseillé de s’y rendre tôt le matin ou en fin de journée, lorsque la lumière dorée du soleil souligne les nuances ocre et rosées du grès et que l’affluence diminue sensiblement.
Le théâtre romain et la rue des façades : vestiges de l’occupation byzantine
Au cœur de Petra, le Théâtre romain frappe par ses dimensions : avec ses quelque 3 000 places taillées pour l’essentiel dans la falaise, il illustre la romanisation progressive de la cité nabatéenne à partir du IIe siècle. Contrairement aux théâtres construits en maçonnerie classique, celui-ci réemploie la roche existante, adaptant l’architecture romaine au paysage local. Non loin de là, la rue des façades aligne une série de tombes monumentales creusées dans la paroi, reconnaissables à leurs corniches à degrés caractéristiques. Sous la période byzantine, certaines de ces structures ont été réaffectées, transformées en lieux de culte ou en habitations, ce qui explique la présence de graffitis, de niches et parfois de vestiges de mosaïques.
Pour comprendre la complexité de cet urbanisme antique, il est utile de prendre le temps d’observer les différences de style entre les tombeaux royaux, les structures plus modestes et les ajouts tardifs. Vous remarquerez, par exemple, la cohabitation d’éléments décoratifs nabatéens, comme les merlons crénelés, avec des frontons et colonnes d’inspiration gréco-romaine. Une bonne stratégie consiste à parcourir d’abord la rue principale jusqu’au Qasr al-Bint, le grand temple, puis à revenir par la rue des façades en prenant de la hauteur sur les sentiers latéraux. Cette boucle permet d’appréhender, en une demi-journée, la richesse architecturale de Petra et sa transformation au fil des siècles.
Le haut lieu du sacrifice et les panoramas sur le site archéologique
Moins fréquenté que le Trésor ou le Monastère, le Haut Lieu du Sacrifice (Al-Madbah) offre pourtant l’un des panoramas les plus spectaculaires sur la cité nabatéenne. L’ascension débute à proximité de la rue des façades et demande environ 1h30 aller-retour, avec un dénivelé modéré mais des marches parfois hautes. Au sommet, on découvre une vaste esplanade creusée dans le grès, avec un autel, des bassins de libation et des canaux destinés aux rituels sacrificiels. Ce complexe cultuel à ciel ouvert illustre l’importance des sommets dans la spiritualité nabatéenne, souvent associés au divin.
Depuis ce belvédère naturel, la vue embrasse une grande partie du site archéologique : tombeaux royaux, théâtre, colonnades et, au loin, les reliefs tourmentés qui encerclent Petra. C’est aussi un excellent endroit pour prendre la mesure de l’implantation de la ville dans son environnement montagneux, un peu comme si l’on observait un amphithéâtre naturel géant. Pour les voyageurs disposant de plus de temps, plusieurs sentiers secondaires partent du Haut Lieu et rejoignent d’autres points de vue, permettant de composer des boucles de randonnée de 3 à 4 heures. Dans tous les cas, prévoyez de bonnes chaussures, une réserve d’eau suffisante et une protection solaire, car l’itinéraire est largement exposé.
Petra by night : expérience nocturne aux chandelles dans le canyon
Petra by Night propose une découverte sensorielle de la cité nabatéenne, loin de l’agitation diurne. Trois soirs par semaine, le Siq et l’esplanade du Trésor sont illuminés par plus de 1 500 bougies, créant un chemin de lumière intime qui guide les visiteurs jusqu’à Al-Khazneh. La marche nocturne, rythmée par le crissement des graviers sous les pas et le murmure du vent dans le canyon, offre une perception différente des parois de grès, dont les reliefs se devinent à la lueur vacillante des chandelles. Une fois arrivé devant le Trésor, vous assistez à un court spectacle mêlant musique traditionnelle bédouine et récits en anglais, invitant à la contemplation.
Pour profiter au mieux de cette expérience, il est recommandé de réserver son billet à l’avance et d’arriver en début de soirée, afin de se positionner confortablement devant la façade. Gardez en tête que Petra by Night ne remplace pas une visite de jour : il s’agit plutôt d’un complément poétique, qui joue sur l’émotion et l’imaginaire. Si vous voyagez en hiver ou hors saison, pensez à emporter une petite lampe frontale pour sécuriser le chemin du retour, surtout si vous choisissez de traîner un peu après le spectacle afin d’apprécier le silence retrouvé du canyon. Et pour les amateurs de photographie, un trépied compact et une bonne gestion des poses longues sont indispensables pour capturer cette atmosphère unique.
Le désert du wadi rum : bivouacs bédouins et formations géologiques spectaculaires
À environ 300 kilomètres au sud d’Amman, le Wadi Rum s’étend sur plus de 700 km², offrant un paysage désertique d’une diversité étonnante. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2011 en tant que bien mixte naturel et culturel, ce désert de grès et de granit se distingue par ses massifs rocheux sculptés par l’érosion, ses dunes rouges et ses vastes plaines sableuses. Surnommé la “Vallée de la Lune”, le Wadi Rum a servi de décor à de nombreux films, de “Lawrence d’Arabie” à plusieurs productions de science-fiction, tant son aspect évoque parfois la surface d’une autre planète. C’est aussi un territoire habité depuis des millénaires, comme en témoignent les milliers de pétroglyphes, inscriptions et vestiges archéologiques qui jalonnent ses canyons.
Explorer le Wadi Rum, c’est accepter de ralentir et de s’adapter au rythme du désert : lumières changeantes, variations de température marquées entre le jour et la nuit, silence presque absolu loin des pistes principales. La plupart des voyageurs combinent des excursions en 4×4 avec des randonnées à pied et, parfois, une balade à dos de dromadaire pour s’imprégner pleinement de l’atmosphère des lieux. Selon la durée de votre séjour, vous pouvez choisir un circuit concentré sur les points emblématiques, ou opter pour une immersion de plusieurs jours dans les secteurs plus sauvages au sud-est de la réserve, moins fréquentés par les 4×4 touristiques.
Les camps de nuit traditionnels et l’expérience en tente berbère
Passer une nuit dans le Wadi Rum est une expérience quasi incontournable pour qui souhaite ressentir l’âme du désert jordanien. Les camps bédouins, généralement gérés par des familles locales, proposent des hébergements allant de la tente traditionnelle en poil de chèvre à des structures plus confortables avec lits et salle d’eau privative. Les tentes dites “berbères”, longues et sombres, offrent une bonne isolation thermique et se fondent harmonieusement dans le paysage. La soirée se déroule souvent sous une grande tente commune, où l’on déguste un dîner typique, comme le zarb, un plat de viande et de légumes cuit à l’étouffée dans un four enterré sous le sable.
Au-delà du confort matériel, c’est surtout le cadre qui rend cette nuit en camp mémorable : ciel d’une pureté exceptionnelle, voie lactée parfaitement visible, silence seulement ponctué par le crépitement du feu ou quelques notes de musique jouées au oud ou au rababa. Pour limiter votre impact environnemental, privilégiez les camps qui utilisent l’énergie solaire, limitent les générateurs et s’engagent dans une gestion responsable de l’eau et des déchets. Si vous recherchez une immersion plus profonde, certains opérateurs proposent des bivouacs itinérants, avec nuits à la belle étoile ou sous une simple toile, permettant de s’éloigner davantage des zones les plus fréquentées.
Jebel um ad dami : ascension du point culminant jordanien à 1854 mètres
Pour les amateurs de randonnée, l’ascension du Jebel Um ad Dami représente l’un des temps forts d’un séjour dans le Wadi Rum. Situé à l’extrême sud de la réserve, à proximité de la frontière saoudienne, ce sommet de 1 854 mètres est officiellement le point culminant de la Jordanie. L’itinéraire, accessible à la plupart des marcheurs en bonne condition physique, nécessite en moyenne 3 à 4 heures aller-retour, avec un dénivelé positif modéré mais un terrain caillouteux et parfois escarpé. L’ascension se fait toujours accompagné d’un guide bédouin, qui connait parfaitement le massif et ses passages les plus sûrs.
Une fois au sommet, la récompense est à la hauteur de l’effort consenti : par temps clair, la vue s’étend à 360 degrés sur les massifs de grès, les plaines désertiques et, au sud, les montagnes d’Arabie saoudite. La sensation de se tenir au “toit” de la Jordanie, dans un environnement aussi minéral, est difficile à décrire, un peu comme si l’on se tenait sur le pont d’un navire dominant un océan de sable pétrifié. Pour profiter au mieux de cette excursion, partez tôt le matin afin d’éviter les fortes chaleurs et emportez au minimum 2 litres d’eau par personne, une protection solaire efficace et un coupe-vent léger, les conditions pouvant se rafraîchir rapidement en altitude.
Les arches naturelles de burdah rock bridge et um fruth
Les arches naturelles du Wadi Rum comptent parmi ses formations géologiques les plus photogéniques. Burdah Rock Bridge, l’une des plus célèbres, est une arche monumentale perchée à plus de 30 mètres de hauteur, accessible après une randonnée de 2 à 3 heures aller-retour, avec quelques passages de scrambling (progression en s’aidant des mains). Cette excursion, à réserver aux marcheurs à l’aise avec le vide et accompagnés d’un guide expérimenté, offre des points de vue saisissants sur les falaises environnantes. L’arche elle-même, fine et élancée, illustre la puissance de l’érosion éolienne et hydrique qui façonne depuis des millions d’années ces massifs de grès.
Plus accessible, l’arche de Um Fruth se situe à environ 20 mètres de hauteur et se rejoint après une courte marche depuis la piste principale. L’ascension, bien que brève, demande toutefois une certaine prudence, car la roche peut être friable et les prises parfois glissantes. Une fois sur l’arche, la vue sur le désert rouge est spectaculaire, mais mieux vaut éviter les regroupements trop nombreux pour des raisons de sécurité et de préservation du site. Dans tous les cas, il est recommandé de suivre les conseils de votre guide, de porter des chaussures adaptées et de ne pas s’aventurer sur les formations rocheuses en cas de pluie ou de vent fort.
Les pétroglyphes nabatéens et thamudéens du canyon de khazali
Le canyon de Khazali, étroit défilé entaillant une paroi de grès, est l’un des principaux sites rupestres du Wadi Rum. Sur ses parois se succèdent des centaines de pétroglyphes et d’inscriptions, datés pour certains de l’époque des Nabatéens et pour d’autres de civilisations plus anciennes, souvent regroupées sous l’appellation “thamudéenne”. On y distingue des silhouettes humaines stylisées, des représentations de dromadaires, de gazelles et de bouquetins, ainsi que des signes géométriques dont la signification fait encore débat parmi les spécialistes. Ces gravures, parfois vieilles de plus de 2 000 ans, offrent un témoignage précieux sur les routes caravanières, les rites et la faune du désert à l’époque.
Pour préserver ce patrimoine fragile, il est essentiel de respecter quelques règles simples : ne pas toucher les gravures, ne pas grimper sur les parois et éviter l’usage du flash en photographie. Accompagné d’un guide local, vous pourrez replacer ces inscriptions dans leur contexte historique et géographique, en comprenant comment ce canyon servait à la fois d’abri, de point de repère et de lieu de passage obligé sur les itinéraires transdésertiques. La visite de Khazali, qui peut se combiner avec d’autres arrêts en 4×4 dans la même journée, donne ainsi une dimension archéologique à l’exploration du Wadi Rum, rappelant que ce désert n’est pas un espace vide, mais un territoire habité et parcouru depuis des millénaires.
La mer morte : flottaison hypersaline et propriétés thérapeutiques à -430 mètres
Située à cheval entre la Jordanie, Israël et les territoires palestiniens, la mer Morte constitue le point émergé le plus bas de la planète, avec une altitude d’environ -430 mètres sous le niveau de la mer. Plus qu’une simple curiosité géographique, ce lac endoréique se caractérise par une concentration exceptionnelle en sels et minéraux dissous, qui en font un milieu presque totalement inhospitalier pour la vie aquatique, d’où son nom. Pour les voyageurs, la mer Morte offre une expérience de baignade unique, où la densité de l’eau permet de flotter sans effort, comme si l’on se trouvait sur un matelas invisible. Les rives jordaniennes, accessibles en moins d’une heure de route depuis Amman, concentrent de nombreux hôtels, complexes balnéaires et centres de bien-être spécialisés dans les soins à base de boues et d’eaux minérales.
Au-delà de l’aspect ludique, la région de la mer Morte est également un observatoire privilégié des enjeux environnementaux contemporains. Le niveau de l’eau baisse de façon continue depuis plusieurs décennies, en raison notamment des prélèvements massifs dans le Jourdain et de l’évaporation intense liée au climat aride. Plusieurs projets de coopération régionale visent à stabiliser, voire à restaurer partiellement, ce fragile écosystème, mais leur mise en œuvre reste complexe. En visitant la mer Morte, vous contribuez indirectement à l’économie locale, mais il est important d’adopter un comportement responsable, en évitant par exemple de collecter des cristaux de sel ou de jeter des déchets dans l’eau.
La concentration saline à 34,2% et l’expérience de flottaison naturelle
Avec une salinité moyenne d’environ 34,2 %, soit près de dix fois celle de la Méditerranée, la mer Morte possède une densité de 1,24 g/cm³, ce qui rend la flottaison quasiment automatique. S’allonger sur le dos et lire un livre tout en étant porté par l’eau n’est pas un simple cliché touristique : c’est une réalité physique liée à la forte teneur en chlorure de sodium, mais aussi en bromure, magnésium, calcium et potassium. Cette densité élevée modifie la perception du corps et de l’équilibre, donnant l’impression de perdre ses repères habituels, un peu comme dans un bassin de flottaison en apesanteur.
Pour profiter de cette expérience en toute sécurité, quelques précautions s’imposent. Il est recommandé de ne pas rester dans l’eau plus de 10 à 15 minutes d’affilée, afin d’éviter la déshydratation de la peau. Il est également crucial de ne pas plonger la tête, ni de mettre de l’eau dans les yeux ou la bouche : la forte salinité provoque des brûlures intenses et, en cas d’ingestion, des troubles digestifs. En cas de contact accidentel, rincez immédiatement à l’eau douce. Enfin, privilégiez les plages aménagées, qui disposent de douches, de maîtres-nageurs et d’un accès sécurisé à l’eau, surtout si vous voyagez en famille.
Les boues minérales riches en magnésium et calcium pour les soins corporels
Les boues de la mer Morte, riches en minéraux tels que le magnésium, le calcium, le potassium et le fer, sont utilisées depuis l’Antiquité pour leurs propriétés thérapeutiques supposées. De nombreuses études modernes suggèrent qu’elles peuvent contribuer à soulager certaines affections dermatologiques, comme le psoriasis ou l’eczéma, et à améliorer la microcirculation cutanée. Dans les complexes balnéaires de la rive jordanienne, il est possible de s’enduire le corps de cette boue noire et visqueuse, puis de laisser sécher quelques minutes au soleil avant de se rincer dans l’eau hypersaline. Cette alternance de chaleur, de minéraux et de flottaison procure une sensation de relaxation profonde, proche d’une cure thermale.
Si vous souhaitez prolonger ces bienfaits, de nombreux hôtels et spas proposent des protocoles de soins plus complets : enveloppements corporels, massages à base de sels et d’huiles locales, voire programmes de plusieurs jours combinant bains, séances de sauna et repos. Comme toujours, il convient de prendre en compte votre état de santé général et, en cas de pathologie lourde, de demander l’avis d’un professionnel avant d’entreprendre une cure intensive. Sur le plan pratique, pensez à porter un maillot de bain dédié, qui risque de s’abîmer au contact répété du sel et de la boue, et à bien hydrater votre peau après chaque séance.
Les plages d’amman beach et dead sea panoramic complex
Parmi les principaux points d’accès publics à la mer Morte côté jordanien, Amman Beach et les installations proches du Dead Sea Panoramic Complex se distinguent par leurs équipements. Amman Beach, située à environ 50 minutes d’Amman, offre une plage aménagée avec douches, piscines, vestiaires et restaurant, permettant de profiter en toute simplicité de la baignade et de la boue. C’est une option pratique pour une excursion à la journée, notamment pour les voyageurs qui ne séjournent pas dans un hôtel en bord de mer. Les week-ends et jours fériés, le site peut cependant être très fréquenté, aussi est-il préférable d’arriver tôt le matin.
Le Dead Sea Panoramic Complex, quant à lui, se situe sur un promontoire dominant le lac et propose un musée dédié à l’histoire naturelle et culturelle de la mer Morte, ainsi qu’un restaurant avec vue imprenable sur le désert et la rive opposée. Si l’accès direct à l’eau y est plus limité, la visite permet de replacer votre expérience de la flottaison dans un contexte plus large : géologie de la vallée du Rift, enjeux hydrologiques, biodiversité des zones humides voisines. Associer une baignade à Amman Beach le matin et une visite du Panoramic Complex dans l’après-midi constitue ainsi une journée complète et instructive, idéale pour mieux comprendre ce site unique au monde.
Jerash et les vestiges gréco-romains : la décapole jordanienne
Située à une cinquantaine de kilomètres au nord d’Amman, Jerash (l’ancienne Gerasa) est l’une des cités romaines les mieux préservées du Moyen-Orient. Intégrée à la Décapole, cette ligue de dix villes influentes à l’époque hellénistique et romaine, Jerash connut son apogée aux IIe et IIIe siècles de notre ère, grâce à sa position stratégique sur les routes commerciales reliant la Syrie à l’Arabie. Aujourd’hui, le site offre au visiteur un ensemble monumental remarquable : forum ovale bordé de colonnes, temples, théâtres, hippodrome, rues pavées et arcs triomphaux se succèdent sur plus d’un kilomètre de longueur. La sensation, en arpentant ces vestiges, est proche de celle que l’on éprouve à Pompéi ou Éphèse, tant l’urbanisme antique y demeure lisible.
La visite de Jerash se fait idéalement en trois à quatre heures, en début ou en fin de journée afin de profiter de températures plus clémentes. L’entrée principale, marquée par l’arc d’Hadrien, conduit rapidement au hippodrome puis au forum ovale, véritable signature du site, dont la forme inhabituelle intrigue les archéologues. Pour enrichir votre découverte, il peut être judicieux de recourir à un guide local francophone ou anglophone, qui vous aidera à reconstituer la vie quotidienne de cette cité florissante : marchés, processions, spectacles, pratiques religieuses. Plusieurs festivals culturels, notamment le Festival de Jerash, animent chaque été les théâtres antiques, redonnant vie, le temps de quelques soirées, à ces espaces millénaires.
Le cardo maximus et l’urbanisme romain du IIe siècle
Le Cardo Maximus, artère principale nord-sud de Jerash, est l’un des exemples les plus aboutis de rue à colonnades romaine conservée au Levant. Long d’environ 800 mètres, il était bordé de boutiques, de portiques et de bâtiments publics, dont il ne subsiste aujourd’hui que les bases et quelques pans de murs. La chaussée pavée, encore visible par endroits, présente des ornières laissées par les roues des chariots, témoignant de l’intense circulation qui animait autrefois la ville. Au croisement avec le Decumanus (axe est-ouest), un tétrapyle marquait le cœur de la cité, à la manière d’un carrefour monumental.
En parcourant le Cardo, vous ferez l’expérience concrète de l’urbanisme romain : alignement des colonnes, régularité des îlots, présence de canalisations souterraines pour l’évacuation des eaux usées et de l’eau de pluie. Cette organisation rationnelle illustre la manière dont Rome structura l’espace urbain dans ses provinces, exportant un modèle de ville qui combinait fonction militaire, économique et symbolique. Pour mieux visualiser cette trame, n’hésitez pas à grimper dans les gradins du théâtre sud ou sur les hauteurs du Temple d’Artémis : la vue plongeante permet de saisir la cohérence de l’ensemble, comme une maquette en pierre grandeur nature.
Le temple d’artémis et l’architecture corinthienne monumentale
Dominant la ville antique depuis une colline, le Temple d’Artémis est l’un des monuments les plus majestueux de Jerash. Dédié à la déesse protectrice de la cité, il fut érigé au IIe siècle et se caractérise par ses colonnes corinthiennes élancées, dont plusieurs sont encore debout, atteignant près de 12 mètres de hauteur. Le contraste entre ces fûts de pierre finement cannelés et les blocs massifs du podium renforce l’impression de puissance et de raffinement qui se dégage du sanctuaire. À l’intérieur, on distingue encore l’emplacement de la cella, où se dressait la statue de la déesse, ainsi que des vestiges de mosaïques et de bas-reliefs.
Une curiosité souvent mise en avant par les guides est la légère oscillation de certaines colonnes, perceptible lorsqu’on insère une pièce de monnaie ou une cale entre le chapiteau et l’architrave : ce phénomène, résultat d’une conception parasismique ingénieuse, illustre la maîtrise technique des architectes romains. En contrebas, un escalier monumental reliait le temple au reste de la ville, permettant aux processions religieuses de se déployer de manière théâtrale. La visite du Temple d’Artémis, surtout en fin d’après-midi lorsque la lumière rasante dore les colonnes, constitue un moment fort de la découverte de Jerash.
L’hippodrome et les reconstitutions de courses de chars
À proximité de l’arc d’Hadrien s’étend l’hippodrome de Jerash, long d’environ 245 mètres, qui pouvait accueillir jusqu’à 15 000 spectateurs. Cet espace allongé, dédié aux courses de chars et à d’autres jeux sportifs, témoigne de l’importance des spectacles publics dans la vie des cités romaines. Bien que partiellement ruiné, l’hippodrome conserve sa forme caractéristique en U, avec une spina centrale autour de laquelle les chars effectuaient leurs tours, sous les acclamations de la foule. Marcher sur son sable, c’est un peu comme se tenir au centre d’un stade antique, où se jouaient à la fois des compétitions athlétiques et des enjeux politiques et sociaux.
Jusqu’à récemment, des reconstitutions de courses de chars, de combats de gladiateurs et de manœuvres militaires étaient régulièrement organisées sur le site, offrant une immersion vivante dans la culture des loisirs romains. Si ces spectacles ont été suspendus ou réduits à certaines périodes, il reste possible, en haute saison, d’assister à des démonstrations ponctuelles lors du Festival de Jerash ou d’événements spéciaux. Même en l’absence de reconstitution, la simple évocation de ces courses suffit à nourrir l’imagination, surtout si vous visitez l’hippodrome en début de matinée, lorsqu’il règne encore un certain calme sur le site.
Amman : la capitale aux sept collines et ses sites historiques stratifiés
Construite à l’origine sur sept collines, à l’instar de Rome, Amman s’étend aujourd’hui sur une vingtaine de reliefs qui composent un paysage urbain ondulant. Capitale moderne de la Jordanie, elle n’en demeure pas moins une ville au passé plurimillénaire, connue dans l’Antiquité sous le nom de Rabbath-Ammon puis de Philadelphie à l’époque gréco-romaine. Cette stratification historique se lit dans ses principaux sites : citadelle dominant la ville, théâtre romain, mosquées omeyyades et quartiers plus récents où se mêlent immeubles contemporains, cafés, galeries d’art et librairies. Pour le voyageur, Amman constitue à la fois une porte d’entrée pratique vers le reste du pays et un terrain d’exploration culturelle à part entière.
La citadelle (Jabal al-Qal’a), perchée sur l’une des plus hautes collines, offre une vue panoramique sur les toits blancs du centre-ville et les vallées adjacentes. On y découvre les vestiges du Temple d’Hercule, une église byzantine, un palais omeyyade du VIIIe siècle et un musée archéologique riche en objets allant de la préhistoire à la période islamique. En contrebas, le théâtre romain, pouvant accueillir près de 6 000 spectateurs, est encore utilisé ponctuellement pour des concerts et des manifestations culturelles. Arpenter ces lieux permet de prendre la mesure de la continuité d’occupation de la ville, où chaque époque a laissé sa marque, à la manière de couches successives dans un livre d’histoire à ciel ouvert.
Au-delà de ces sites emblématiques, Amman séduit par ses quartiers vivants, comme Rainbow Street et Jabal Al-Weibdeh, où l’on trouve une concentration de cafés, restaurants, boutiques de créateurs et espaces culturels. Une promenade dans le centre ancien (Downtown) permet de découvrir les souks, les échoppes d’épices, les pâtisseries traditionnelles et les échoppes de falafels qui font partie du quotidien des habitants. Pour mieux comprendre la société jordanienne contemporaine, rien ne vaut une soirée passée dans un café local, à observer les familles, les groupes d’amis et les étudiants, tout en dégustant un thé à la menthe ou un café à la cardamome.
Amman constitue également un excellent point de départ pour des excursions à la journée vers des sites proches, comme Madaba et ses mosaïques byzantines, le mont Nébo, la réserve de Mujib ou la mer Morte. De nombreux voyageurs choisissent d’y passer au moins deux nuits en début ou en fin de séjour, afin de combiner visites historiques, découvertes gastronomiques et immersion dans la vie quotidienne jordanienne. En choisissant un hébergement dans les quartiers centraux, vous pourrez facilement vous déplacer à pied ou en taxi et profiter de l’animation urbaine jusque tard dans la soirée, dans un cadre généralement sûr et accueillant.
Aqaba et la côte de la mer rouge : plongée sous-marine et récifs coralliens du golfe d’aqaba
À l’extrême sud de la Jordanie, Aqaba constitue la seule fenêtre du pays sur la mer Rouge, avec une façade maritime d’une vingtaine de kilomètres le long du golfe d’Aqaba. Cette petite ville portuaire, à la fois station balnéaire et zone franche commerciale, bénéficie d’un climat particulièrement doux en hiver, ce qui en fait une étape appréciée pour conclure un voyage axé sur Petra et le Wadi Rum. Mais Aqaba est surtout réputée pour ses fonds marins : récifs coralliens colorés, faune abondante et visibilité souvent excellente en font l’une des destinations de plongée les plus accessibles de la région, y compris pour les débutants.
Les principaux spots de plongée et de snorkeling se trouvent au sud de la ville, le long de la “South Beach”, où plusieurs centres spécialisés proposent baptêmes, formations et sorties en bateau. Parmi les sites les plus connus, on peut citer le Japanese Garden, réputé pour ses coraux en bon état, ou le Cedar Pride, épave d’un cargo volontairement immergé en 1985 pour créer un récif artificiel. La profondeur modérée de nombreux sites (entre 5 et 20 mètres) permet aux plongeurs de tous niveaux, mais aussi aux simples nageurs équipés d’un masque et d’un tuba, d’observer poissons-perroquets, poissons-anges, tortues et, avec un peu de chance, raies et murènes.
Pour ceux qui préfèrent rester à la surface, plusieurs compagnies locales organisent des sorties en bateau à fond de verre ou en yacht avec déjeuner à bord, combinant baignade, snorkeling et détente. Il est également possible de louer du matériel de snorkeling à la journée dans certaines plages privées ou clubs nautiques. Comme partout en mer Rouge, il est important de respecter quelques règles de base pour préserver les récifs : ne pas toucher les coraux, éviter de se tenir debout sur les formations, ne rien prélever et limiter l’usage de crèmes solaires non biodégradables. En adoptant ces gestes simples, vous contribuez à la préservation d’un patrimoine naturel déjà fragilisé par le réchauffement des eaux et l’urbanisation côtière.
Sur le plan pratique, Aqaba offre une gamme variée d’hébergements, des hôtels de luxe en bord de mer aux pensions plus simples en centre-ville. La promenade littorale, récemment aménagée, permet de flâner au coucher du soleil en profitant de la vue sur les montagnes d’Israël et d’Arabie saoudite, qui bordent le golfe. Les restaurants de poisson, les cafés en terrasse et les marchés locaux complètent l’expérience, donnant à Aqaba une atmosphère plus décontractée que celle de la capitale. Que vous choisissiez d’y passer une simple nuit de transition après le Wadi Rum ou de prolonger votre séjour de quelques jours pour explorer les récifs coralliens, cette escale balnéaire apporte une touche de douceur et de détente à un voyage en Jordanie riche en émotions et en découvertes.